Ovaires poly-kystiques et diabète de type 2

Surpoids et obésité d'une part et syndrome des ovaires poly-kystiques (SOPK) d'autre part favorisent le développement d'un prédiabète ou d'un diabète de type 2, mais le rôle respectif de ces deux facteurs reste mal cerné.
Le suivi prospectif d'une cohorte de près de 6.000 filles nées en 1.966 et suivies jusqu'à l'âge de 46 ans apportent des précisions sur la question.
Les investigateurs ont d'abord évalué le risque de développement d'un diabète de type 2 chez des femmes en surpoids ou obèses (IMC ≥ 25 kg/m2) ayant ou non un SOPK et ils montrent qu'en cas de SOPK le risque est plus que doublé (rapport des risques 2,45 ; IC 95% 1,28 - 4,67).
En revanche, ils rapportent que chez les femmes ayant un SOPK mais ni en surpoids ni obèses, il n'y a pas d'augmentation du risque de prédiabète ou de diabète de type 2 par rapport aux femmes sans SOPK, ce qui suggère fortement que certes les deux facteurs de risque étudiés contribuent de façon synergique au développement des anomalies glucidiques, mais que c'est surtout le surpoids et l'obésité qui sont en cause.
Une analyse de la cinétique de la prise de poids montre d'ailleurs que la prise de poids entre l'âge de 14 et 46 ans est significativement plus importante chez les femmes avec SOPK qui développent un diabète que chez celles dont le métabolisme glucidique ne se détériore pas. Une analyse plus détaillée que l'essentiel de la prise de poids se manifeste dès la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte (entre 14 et 31 ans), augmentation médiane de 27,25 kg chez celles qui vont développer un diabète versus 13,80 chez celles qui en resteront indemnes (p < 0,001).
Les investigateurs suggèrent que le dépistage du diabète en cas de SOPK soit limité aux femmes en surpoids ou obèses et que le poids soit strictement contrôlé chez les adolescentes et adultes jeunes atteintes de SOPK.
ME Ollila et al. Hum Reprod. 2016 Dec 28. [Epub ahead of print]