Une veste "intelligente" pour mieux diagnostiquer la pneumonie

Avec une équipe de docteurs, deux ingénieurs ougandais, Olivia Koburongo, 26 ans, et Brian Turyabagye, 24 ans, ont mis au point une veste " intelligente ", capable de détecter les premiers symptômes de la pneumonie. C'est de cette maladie qu'est décédée la grand-mère d'Olivia Koburongo. Transportée d'un hôpital à l'autre, elle est morte avant même d'avoir été diagnostiquée correctement.
Appelé "Mama-Ope" (mother's hope, l'espoir de la mère), ce dispositif porte bien son nom. Dans les pays d'Afrique subsaharienne, il pourrait bien redonner espoir à de nombreuses mères impuissantes face au fléau qu'est la pneumonie pour leurs enfants, mais il pourrait aussi sauver de nombreuses vies à travers la planète.
Spécialement conçue pour les jeunes enfants, la "Mama-Ope" est connectée à une application pour smartphone. Une fois que l'enfant l'a enfilée, ses capteurs mesurent des paramètres définis comme les bruits des poumons, la température corporelle et le rythme respiratoire, puis l'application compare les données enregistrées, ce qui permet au médecin de pouvoir délivrer à distance un diagnostic rapide et précis.
D'après les calculs des concepteurs, le temps de diagnostic serait même trois fois plus rapide qu'avec les procédés médicaux classiques, et le recours à cette veste biomédicale réduirait le taux d'erreur humaine. En effet, les médecins utilisent un stéthoscope pour écouter les poumons, mais les symptômes de détresse respiratoire peuvent être confondus avec le paludisme ou la tuberculose.
Les inventeurs de la veste connectée, qui n'en est encore qu'à l'état de prototype, espèrent pouvoir introduire la "Mama-Ope" dans les principaux hôpitaux d'Ouganda, avant d'équiper les centres de soins plus isolés, puis la commercialiser dans d'autres pays africains et dans d'autres endroits du monde où la pneumonie fait des ravages.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette maladie est la première cause infectieuse de mortalité chez les enfants dans le monde. Elle est responsable de 15% du nombre total de décès infantiles (moins de cinq ans). D'après les chiffres de l'Unicef, elle tue plus de 900 000 enfants par an, en particulier en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, dont 24 000 petits ougandais. Et les personnes âgées de plus de 60 ans sont également très vulnérables.
Ces chiffres permettent de comprendre les espoirs placés dans cette innovation technologique qui présente aussi l'avantage de permettre une détection de la pneumonie à un stade précoce.
(référence : Medical xpress, 22 janvier 2017)