Asthme : l'insomnie pourrait aller jusqu'à tripler le risque

Avant cette étude, on savait que les asthmatiques éprouvaient des difficultés à trouver ou à maintenir leur sommeil. En s'appuyant sur les données d'une enquête norvégienne dans laquelle 17 927 participants de 20 à 65 ans ont été enrôlés, des chercheurs de Trondheim ont découvert qu'à l'inverse, les insomniaques ont beaucoup plus de risques de développer un asthme.
Les troubles du sommeil s'ajoutent ainsi à d'autres facteurs de risque de l'asthme tels que le tabagisme, la pollution atmosphérique ou encore l'anxiété.
Les résultats de cette recherche sont sans appel. Ils indiquent que les volontaires ayant signalé des difficultés à l'endormissement, "souvent" ou "presque chaque nuit" durant le mois précédent, ont respectivement, 65% et 108 % de risques supplémentaires de contracter de l'asthme dans les onze années suivantes. Ceux qui disent se réveiller en pleine nuit et peiner à retrouver le sommeil, "souvent" ou "presque chaque nuit", affichent une probabilité accrue de 92% et 36%. Ceux qui se plaignent d'avoir un sommeil de mauvaise qualité ou peu réparateur plus d'une fois par semaine voient leur risque s'accroître de 94%. Enfin, les insomniaques chroniques présentent de leur côté trois fois plus de risques de devenir asthmatiques par rapport à ceux qui ne le sont pas.
Comme explication, les auteurs de ce travail avancent que "les modifications se produisant dans l'organisme sous l'effet de l'insomnie peuvent s'accumuler dans le temps et risquer de provoquer sur les voies respiratoires des effets nuisibles".
(référence : European Respiratory Journal, janvier 2017, DOI : 10.1183/13993003.01327-2016)