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Dépistage du cancer colorectal : "Atteindre au moins 25% de participation en 2017"

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En Wallonie, cinq fois moins de personnes de plus de 50 ans se font dépister par rapport à la Flandre. Pourtant, la maladie touche 9.000 Belges par an et est à l'origine de près de 3.000 décès. Pourquoi ? Qu'est-ce que la Wallonie compte faire pour rectifier le tir ?

Laurent Zanella - 23 mars 2017

Une première explication réside dans la modalité de dépistage, différente au nord et au sud. Si la Fédération Wallonie-Bruxelles, dont c'est la compétence, organise depuis 2009 un dépistage pour les personnes âgées de 50 à 74 ans, la Flandre s'est lancée depuis 2013 à l'assaut de la population âgée de 56 à 74 ans.

Ensuite, "le dépistage, même s'il est gratuit, se fait en deux étape en Fédération Wallonie-Bruxelles", explique le docteur Marc Van den Eynde, oncologue digestif aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles alors qu'en Flandre, la procédure ne comprend qu'une étape.

Le patient néerlandophone reçoit en effet directement chez lui un kit de dépistage qu'il renvoie ensuite directement au centre communautaire de référence tandis que le patient francophone, après avoir été invité par courrier à participer à la campagne de dépistage, doit se rendre chez son médecin généraliste pour subir un test de sang occulte dans les selles, poursuit le Dr Van den Eynde.

Un sujet tabou

Ce faible taux d'adhésion au dépistage s'explique aussi par le fait que le cancer colorectal reste encore aujourd'hui un sujet tabou, or plus il est diagnostiqué tôt, mieux il se soigne et plus les chances de survie sont importantes, surtout qu'il existe en Belgique un test facile et fiable, rappellent les médecins.

Figurant dans le top 3 des tumeurs les plus fréquentes, la maladie est souvent diagnostiquée à un stade avancé car elle se développe sans symptôme et une fois le diagnostic posé, les patients doivent faire face à un pronostic de survie faible ainsi qu'à une diminution de leur qualité de vie.

Réaction Wallonne

Récemment interpellé sur la question en commission santé, Maxime Prévot en dit plus sur le taux de participation au dépistage. "Le taux de participation actuel varie entre 13% et 18% selon les provinces wallonnes. À cette participation dans ce programme de dépistage, il faut ajouter environ 20% de la population qui est déjà suivie par coloscopie et par test FOBT analysé par des laboratoires indépendants. La participation à ce programme de dépistage s'améliore donc lentement mais reste insuffisante pour obtenir une réduction significative de la mortalité liée à ce cancer."

Pour une première participation, une invitation à prendre part à ce dépistage est envoyée au public cible (n'ayant jamais participé) sur base de leur jour et mois d'anniversaire. "Jusqu'à présent, la personne qui reçoit cette invitation est orientée vers son médecin généraliste et reçoit le kit de dépistage si le médecin le juge opportun", complète le ministre wallon de la Santé. "Le principe qui avait prévalu en 2009 était de mettre le médecin généraliste au centre du dispositif pour améliorer la médication et le suivi. Force est de constater que l'impact de cette invitation n'est pas optimale."

Depuis 2015, le Centre communautaire de référence pour le dépistage des cancers (CCR) envoie un nouveau test de dépistage directement au domicile des personnes de la tranche d'âge (50 à 74 ans) deux ans après un test négatif. "Cette procédure décharge le médecin d'un rappel et permet une meilleure fidélisation puisque plus de 50% des personnes qui reçoivent ce nouveau test le renvoient pour analyse", poursuit Maxime Prévot.

Augmenter l'accessibilité au dépistage

Afin d'améliorer l'efficience du Programme, le CCR mène depuis janvier 2017 un projet-pilote depuis en province de Namur et en Communauté germanophone pour augmenter l'accessibilité au test de dépistage dans le cadre d'une première participation. Les personnes invitées ont la possibilité soit d'obtenir le kit de dépistage via leur médecin généraliste, soit de demander que le kit de dépistage soit directement envoyé à leur domicile (sans passer par leur médecin généraliste) via un lien web sécurisé ou en téléphonant au CCR. "Cette alternative est peu couteuse et n'entraîne pas de gaspillage", commente le ministre.

À partir de mars 2017, le CCR donnera également une extension à ce projet-pilote en envoyant quelques centaines de tests iFOBT en première intention à la population cible, à l'instar de la procédure appliquée en Flandre. Les résultats de l'évaluation de ce projet-pilote sont attendus au plus tard pour juin 2017.

"Dans tous les cas, le CCR relance les personnes qui n'auraient pas réalisé le test iFOBT 2 mois auparavant", souligne Maxime Prévot. "Cette procédure de rappel indispensable a été mise en place en mai 2016 et le résultat est excellent en termes de coût/efficacité. Si tout ce qui précède se confirme, nous devrions atteindre au moins 25% de participation en 2017", conclut, optimiste, le ministre wallon.

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