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"Le contingentement a-t-il encore un sens ?"

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Un front commun détonant composé de la Fédération des maisons médicales, la FGTB, la CNE-CSC, la FEF, Solidaris, Médecins du monde et santhea se demandaient mardi quel est encore le sens du contingentement dans le contexte actuel. Ils proposent de sortir du contingentement les spécialités médicales en pénurie, de renforcer les aides à l'installation en zone de pénurie, de fixer des sous-quotas par spécialité, de dissocier l'accès aux études et les numéros Inami et de mettre en valeur les spécialités " non-curatives ".

Nicolas de Pape - 29 mars 2017

Le "position paper" de cette alliance de circonstance constate que l'Etat ne remplit pas son rôle dans ce dossier, soit celui de déterminer les orientations stratégiques de la politique de santé en fonction d'objectifs de santé publique ni de planifier l'offre médicale afin d'offrir des prestations de santé de qualité au meilleur prix.

Les conditions dans laquelle le Fédéral a obtenu un examen d'entrée en médecine (voté ce mercredi au parlement de Wallonie-Bruxelles) est vicié par le fait que les quotas que cet examen est censé respecter sont finalement basés sur des considérations purement politiques.

Le consortium s'interroge donc légitimement sur le sens du contingentement comme maîtrise des dépenses dans un système où les médecins sont payés majoritairement à l'acte et financent le fonctionnement des hôpitaux. Quel est d'autre part le sens de contingenter alors que plusieurs disciplines sont en pénurie et qu'on pratique la 'dépréférence' nationale en important des centaines de médecins étrangers et des stagiaires hors-quota pour une part proche de 10 % ?

Face à ce déni de cohérence de la part de l'Etat, Solidaris et Cie propose une politique en 6 points :

  1. Renforcer les aides à l'installation en médecine générale dans les zones de pénurie ;
  2. Sortir du contingentement la médecine générale et les autres spécialités en pénurie identifiées par la commission de planification, comme l'avait proposé Laurette Onkelinx en 2014. Ces disciplines seraient donc libres.
  3. Fixer des sous-quotas par discipline médicale, ce qui permettrait "d'orienter les moyens disponibles pour la formation en fonction des besoins des spécialités et non en fonction des places de stage ouvertes" ;
  4. Dissocier l'accès aux études de médecine de l'accès aux numéros Inami ;
  5. Assouplir les conditions pour devenir maître de stage et assurer aux Facultés les moyens nécessaires pour une formation de qualité ;
  6. Mettre davantage en valeur les orientations en médecine non-curatives tels l'enseignement, l'industrie pharmaceutique, la médecine d'assurance, la gestion de données médicales, la recherche, la coopération au développement.

Une partie de ces solutions se retrouvent dans celles qui seront présentées aux étudiants prochainement par les doyens des Facultés de médecine.

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