Sondage jdM : un tiers des médecins préconisent l'introduction du ticket modérateur aux urgences

L'afflux inapproprié de patients aux urgences encombre ces services et coûte beaucoup d'argent à l'Etat. Pour lutter contre cette évolution, un médecin sur deux estime qu'il faut mieux sensibiliser les patients. Ils sont aussi nombreux (49%) à souhaiter la perception immédiate d'un honoraire pour une consultation aux urgences.
Le récent rapport du KCE sur la prise en charge des traumatismes graves, préconisant une limitation du nombre de centres de traumatologie, a relancé la discussion sur les services d'urgences et les moyens qui y sont affectés. Que préconisent les médecins pour limiter le recours inapproprié aux urgences ?
Près de 50 % des 1.800 répondants à notre grande enquête (1) estiment qu'il faut mieux sensibiliser les patients. Ce sont principalement les femmes médecins et les jeunes qui préconisent cette approche. Chez les moins de 30 ans, près de 80 % des répondants sont favorables à cette mesure.
En plus de la pédagogie, la moitié des médecins trouve qu'il faut réclamer immédiatement une consultation aux patients qui se présentent aux urgences. Un frein financier qui pourrait réduire le recours abusif à ce service. Ce sont principalement les généralistes qui travaillent en solo, les spécialistes extrahospitaliers et les 30 à 60 ans qui sont favorables à cette mesure. Les spécialistes hospitaliers y sont moins favorables (45,9%). L'introduction d'un ticket modérateur, préconisé par un bon tiers des répondants, davantage par les néerlandophones (40,1%) que les francophones (32,9%), poursuit le même objectif.
Nos lecteurs ne considèrent pas qu'une meilleure organisation de la garde en médecine générale ou le triage par des MG aux urgences soit la panacée. Seul un tiers d'entre eux avance cette solution. Ils sont davantage convaincus (43,7%) par l'organisation d'un triage des patients via des postes de garde. Les médecins néerlandophones soutiennent davantage cette solution que les francophones (49,2%° VS 38,4%)
(1) Enquête réalisée entre le 3 et le 15 février 2017 et publiée en grande partie dans notre édition N°2486.