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Infections intestinales : pourquoi pas un microbiote lyophilisé ?

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Jusqu'à récemment, guérir d'une infection au Clostridium difficile, une bactérie qui provoque une inflammation du côlon et entraîne des diarrhées récurrentes qui durent des mois voire des années, et cela jusqu'au décès, relevait du parcours du combattant.

Luc Ruidant - 11 avril 2017

Un traitement récent a toutefois fait ses preuves : la transplantation du microbiote fécal de donneurs sains, efficace dans 90% des cas. En effet, la procédure permet la reconstitution des bonnes bactéries souvent tuées par les antibiotiques et la récupération complète de la fonction intestinale.

Cependant, la technique présente des limites : la greffe de matière fraîche par coloscopie dans le tube digestif d'un patient est inconfortable et peu ragoûtante pour ce dernier. Elle requiert également une logistique pointue en termes de timing.

Le développement d'un microbiote sain sous forme congelée ou lyophilisée pourrait bien simplifier les choses et représenter une nouvelle arme, plus accessible, pour lutter contre la hausse des infections à C. difficile.

Des chercheurs texans viennent de comparer l'efficacité de la transplantation fécale sous sa forme fraîche, congelée et lyophilisée, sur un total de 72 patients présentant des infections récurrentes au C. difficile. L'injection de matière lyophilisée par colonoscopie a permis de guérir 16 patients sur 23 tandis que pour la forme congelée, 20 sur 24 se sont rétablis. Un résultat plus qu'honorable en termes d'efficacité même si c'est un peu moins bien que la forme fraîche (25 sur 25). Par ailleurs, les trois traitements ont permis aux patients de retrouver une flore intestinale comparable à celle de personnes saines.

L'équipe de scientifiques sous la direction du Dr Herbert Dupont teste actuellement l'innocuité et l'efficience du traitement lyophilisé sous forme de gélules.

(référence : Alimentary Pharmacology & Therapeutics, avril 2017, DOI : 10.1111/apt.13969)

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