Réponse au stress : pas d'égalité des sexes

C'est probablement politiquement incorrect, mais le fait est là : hommes et femmes sont inégaux face au stress ou plutôt à la réponse au stress. En cause, les orexines.
Toutes les auteures de l'article sont des femmes. Cette précaution étant prise, elles expliquent que l'incidence doublée des troubles neuropsychiatriques liés au stress chez la femme est actuellement très peu comprise. Les orexines ou hypocrétines sont produites de manière altérée dans les troubles anxieux et dépressifs. En utilisant des modèles murins, les chercheuses espéraient découvrir dans quelle mesure les orexines pouvaient expliquer les différences entre les deux sexes en termes de réponse au stress et aux troubles neuropsychiatriques.
Les chercheuses ont soumis les rats à des stress répétés et leur réponse cognitive a été évaluée. En parallèle, elles ont mesuré l'expression et l'activation des orexines dans les deux sexes.
Il apparait que les rats expriment une accoutumance moindre aux stress répétés et développent donc des déficits de flexibilité cognitive par comparaison à leurs homologues masculins. Concernant les orexines, elles sont produites en plus grandes quantités chez les femelles que chez les mâles. Cette expression augmentée est due à l'action des récepteurs aux glucocorticoïdes sur le promoteur à l'orexine. En inhibant la production d'orexines, les chercheuses ont réussi à abolir la réponse hypothalamo-hypophysaire adrénergique et réduire les défaillances cognitives dues au stress.
Le rôle des orexines dans la gestion du stress est donc démontré ainsi que leur importance dans le développement des troubles psychiatriques liés au stress.
Grafe LA et al. Orexins Mediate Sex Differences in the Stress Response and in Cognitive Flexibility Biol Psych 2017 ; 81 : 683-692. http://www.biologicalpsychiatryjournal.com/article/S0006-3223(16)32923-7/fulltext