PremiumActualités médicales

Protonthérapie à Leuven : premier patient attendu mi-2019

photo

Annoncé il y a quelques années, le premier centre belge de protonthérapie est en construction sur le site du Health Sciences Campus Gasthuisberg. Un cyclotron sera réservé aux patients, un autre aux chercheurs.

Vincent Claes - 27 avril 2017

Le ParTICLe (Particle Therapy Interuniversity Center Leuven) est le fruit d'une collaboration clinique et scientifique entre cinq hôpitaux universitaires et les hôpitaux de leurs réseaux respectifs.

On estime à entre 150 et 200 personnes les patients qui pourraient chaque année bénéficier de la protonthérapie en Belgique. Ce nombre pourrait augmenter si de nouvelles indications étaient définies pour ce traitement sur base d'études cliniques-scientifiques.

"Actuellement", rappellent les promoteurs de ce projet, "les patients qui entrent en ligne de compte pour la protonthérapie doivent se rendre dans des centres à l'étranger, le plus souvent à Heidelberg (Allemagne) et Zurich (Suisse). Les autorités belges prévoient une indemnisation au niveau des coûts des traitements, mais le voyage constitue une lourde dépense pour les patients. Mi-2019, les premiers patients pourront recevoir un traitement à Louvain."

Le nouveau centre abritera un espace pour le traitement clinique des patients et un bunker distinct pour la recherche de haute technologie. "Chaque bunker est équipé de son propre accélérateur de particules ou cyclotron. ParTICLe détient ainsi une longueur d'avance sur d'autres centres de protonthérapie en Europe, où la recherche doit avoir lieu en soirée et le week-end parce que l'appareil d'irradiation est réservé aux patients en journée. Grâce aux deux cyclotrons distincts installés dans des espaces séparés, les chercheurs de Louvain pourront aussi s'adonner à la recherche scientifique en journée. Cette recherche se penchera dans un premier temps sur le raffinement des rayons de protons et la façon de faire concorder au mieux l'imagerie, comme un CT-scan, et l'irradiation par protons", expliquent les promoteurs de ce projet.

Le nouveau centre est le fruit d'une collaboration entre l'UZ Leuven, la KU Leuven, les Cliniques universitaires Saint-Luc et l'UCL, qui investissent dans le nouveau centre de recherche, et l'UZ Gent, l'UZ Antwerpen et l'UZ Brussel. Il sera construit à proximité de l'actuel service de radiothérapie-oncologie, du département de radiologie, du medical imaging research center et de la médecine nucléaire de l'UZ Leuven.

Investissement partagé

45 millions d'euros vont être consacrés à la construction des bâtiments et l'achat des appareils d'irradiation. "Le cabinet flamand pour l'innovation investit 5 millions d'euros dans ParTICLe. Les autorités fédérales promettent d'ores et déjà d'utiliser les moyens actuellement réservés à l'envoi de patients à l'étranger pour rembourser les traitements dans ParTICLe. Saint-Luc et l'UCL prennent en charge 6 millions d'euros, un montant qui provient en grande partie d'une levée de fonds. L'UZ Leuven et la KU Leuven supportent les autres coûts d'investissement et soulignent ainsi la nécessité d'un centre de protonthérapie dans notre pays", annoncent les partenaires.

"Nous investissons par-delà la frontière linguistique et en collaboration avec d'autres hôpitaux universitaires et hôpitaux régionaux dans la thérapie de haute technologie contre le cancer. Cette idée de collaboration s'inscrit parfaitement dans la vision de la ministre De Block qui appelle de ses voeux la mise sur pied d'un grand réseau d'hôpitaux. La collaboration est une évolution qui se retrouve partout dans le monde clinique et scientifique. Le partage de l'apport financier et des savoirs scientifiques constitue la meilleure façon de repousser les limites", commente le Pr Marc Decramer, administrateur délégué de l'UZ Leuven.

Charleroi : retard au démarrage

Un centre de protonthérapie devrait également voir le jour à Charleroi, sur le campus de l'Hôpital Civil Marie Curie - C.H.U. de Charleroi en collaboration avec les universités de Bruxelles, Liège, Mons et Namur. En mai 2014, les autorités wallonnes et académiques annonçaient l'ouverture de ce centre mixte - recherche et formation - en 2017. Des problèmes juridiques, liés à une contestation de l'appel d'offres - finalement attribué à IBA - ont retardé le lancement du projet (47 millions d'euros). Ce centre devrait finalement ouvrir en 2020. Entre-temps, Maggie De Block a annoncé qu'elle ne compte agréer qu'un seul centre thérapeutique pour l'ensemble du pays... A l'issue d'un récent échange de vues entre la ministre de la Santé publique et le député socialiste Eric Massin (lire sur notre site), il n'y a aucune certitude que les patients suivant une onco-thérapie sur le site de Charleroi bénéficieront d'une prise en charge par l'Inami, au contraire de ceux qui se rendraient sur le site du Gasthuisberg. A voir. Tout dépendra de qui sera ministre de la Santé publique au moment de l'ouverture du centre wallon.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine