Diabète : les larmes plutôt que le sang pour mesurer le taux de glucose

Des lentilles de contact " intelligentes " capables de mesurer le taux de sucre dans les larmes : parmi les nombreuses innovations scientifiques qui ont été présentées au Congrès de l'American Chemical Society, celle-ci a été particulièrement remarquée.
Les patients diabétiques n'auront-ils bientôt plus besoin de se piquer au bout du doigt pour prélever et analyser leur sang ? C'est ce que promettent des chercheurs de l'Oregon State University après avoir mis au point une lentille connectée qui calcule, en temps réel, le taux de glucose dans les larmes.
Les larmes sont produites par les glandes lacrymales et le taux de glucose qu'elles contiennent est logiquement proportionnel à celui du taux de glucose sanguin. Il est donc possible d'estimer la glycémie à partir des larmes, tout comme d'ailleurs on peut le faire à partir d'autres fluides corporels tels que la salive.
En apparence, les nouvelles lentilles sont semblables à n'importe quelles lentilles de contact. Invisibles, elles ne présentent aucune gêne. Leurs concepteurs ont eu recours à une technologie appelée IGZO (indium gallium zinc oxide) qui sert à améliorer la qualité de l'image et la sensibilité de l'écran tactile des smartphones ou des tablettes. Appliquée sur des lentilles, cette technologie surveille en permanence le glucose dans les larmes de l'oeil.
Plus précisément, les parois des lentilles sont tapissées de microscopiques transistors transparents, enrobés d'une enzyme qui dégrade le sucre, provoquant une réaction chimique. C'est cette réaction qui est détectée par les transistors. Grâce au WIFI ou au Bluetooth, le taux de glucose est ensuite immédiatement envoyé sur un smartphone ou un logiciel informatique, ce qui permet d'adapter la dose d'insuline. Autre avantage : le médecin peut suivre son patient à distance et anticiper les complications éventuelles.
En automatisant ainsi le suivi de glycémie, cette technologie non invasive, contrairement à d'autres systèmes nécessitant l'implantation d'électrodes sous la peau, ce qui peut être douloureux et provoquer des irritations, est susceptible de simplifier considérablement le quotidien des patients diabétiques. Rappelons que ces derniers doivent aujourd'hui se percer le doigt avec une aiguille pour récupérer une goutte de sang. Un geste désagréable et contraignant, qu'ils sont parfois tenus de répéter à plusieurs reprises au cours de la journée.
Convaincus de l'efficacité du prototype qu'ils ont mis au point, les concepteurs des nouvelles lentilles songent d'ores et déjà à commercialiser leur dispositif. Ils escomptent même que leur système puisse détecter d'autres types de molécules et ainsi contribuer au dépistage d'autres pathologies comme le glaucome, des maladies du foie ou du rein, voire même des cancers.
(référence : American Chemical Society, News Release, 4 avril 2017)