Le sang du cordon comme cure de jouvence et traitement de l'Alzheimer ?

Au cours de ses travaux sur des traitements contre la maladie d'Alzheimer, une équipe de l'Université de Stanford a découvert dans le sang de cordon ombilical humain une protéine capable d'améliorer les performances cognitives et de rajeunir le cerveau de souris séniles.
Les chercheurs californiens ont d'abord sélectionné des souris présentant un déficit immunitaire qui leur permettait de recevoir du plasma humain sans développer d'effets secondaires et sans risque de rejet. Ils ont ensuite injecté à ces souris âgées du plasma humain provenant de cordon ombilical, du plasma d'adultes jeunes (22 ans en moyenne) ou du plasma d'adultes plus âgés (66 ans en moyenne). Ces injections ont été effectuées tous les quatre jours pendant deux semaines, directement dans la circulation sanguine des rongeurs.
Tout au long de l'expérience, les souris ont dû passer des tests cognitifs, notamment dans des labyrinthes, tandis que des "prélèvements" ont permis d'analyser l'effet de ce traitement un peu spécial sur le développement de leurs synapses.
Par rapport à des souris témoins, celles qui ont eu le sang de cordon ont mieux réussi les tests qui mesuraient leur mémoire et leur capacité d'apprentissage. Des effets plus modestes ont été observés quand du plasma d'adultes jeunes a été injecté. Le plasma de sujets âgés n'a en revanche eu aucun effet.
Les scientifiques ont ensuite recherché quelles étaient les protéines abondantes dans le cordon ombilical humain qui diminuaient avec l'âge. Ils ont ainsi identifié la protéine TIMP2 (metallopeptidase inhibitor 2), connue pour jouer un rôle dans la progression des cancers, et ils l'ont injectée aux souris. Résultat : ces dernières ont obtenu à peu près les mêmes résultats aux tests de mémoire que celles qui avaient eu du sang de cordon ombilical.
Inversement, du sang de cordon ombilical dépourvu de TIMP2 n'a rien fait aux souris âgées, et si la protéine est bloquée chez les rongeurs, cette action a un impact négatif sur leur mémoire. Plus précisément, les chercheurs ont observé que TIMP2 augmente leur plasticité synaptique dans la région de l'hippocampe, une zone du cerveau dédiée à la mémoire spatiale et épisodique et aux apprentissages, et réputée particulièrement sensible aux effets du vieillissement. Un tel constat suggère que la protéine contenue dans le sang de cordon ombilical a un effet régénérateur sur la mémoire des souris séniles.
Ces résultats sont suffisamment encourageants que pour envisager des tests cliniques chez l'être humain même si cela ne signifie pas pour autant qu'un tel traitement puisse ralentir, chez l'Homme, le déclin cognitif normal lié à l'âge, encore moins interrompre celui associé à une pathologie neurodégénérative. On est donc encore loin d'avoir trouvé l'élixir de jouvence hippocampique pour un patient à un stade précoce de la maladie d'Alzheimer. Mais, une chose est sûre : la traque aux protéines sanguines va se poursuivre.
Les chercheurs californiens ont par ailleurs déposé un brevet afin d'utiliser leur découverte pour traiter des problèmes liés à l'âge ou améliorer le traitement contre la maladie d'Alzheimer.
(référence : Nature, 19 avril 2017, doi : 10.1038/nature22067)