Grossesse et dépression : équilibrer les risques et les bénéfices

L'utilisation des antidépresseurs durant la grossesse fait toujours débat tant du côté des futurs parents que des médecins. Une étude vient remettre les pendules à l'heure.
Les auteurs ont voulu savoir si l'utilisation d'antidépresseurs durant la grossesse engendrait un risque supplémentaire de troubles neurologiques comme des troubles du spectre autistique ou des troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité chez l'enfant à naitre.
Ils ont analysé les données de plus d'1,5 million d'enfants suédois nés entre 1996 et 2012. Le suivi a duré jusqu'en 2013. Les facteurs confondants paternels et maternels ont été pris en compte. Ils ont aussi voulu déterminer si les enfants avaient plus de risque de naitre prématurément (<37 semaines) ou avec un petit poids de naissance.
La durée moyenne de la grossesse était de 279 jours ; dans 48,6%, les enfants étaient de sexe féminin. Sur le 1,5 million de naissances, plus de 973.000 mères ont déclaré avoir pris au moins une fois un antidépresseur durant le premier trimestre. Sans ajustement, la prise d'antidépresseurs augmente nettement le risque de prématurité de 47%, de 15% celui de petit poids de naissance. Elle double le risque de TSA et de TDAH.
En tenant compte des covariables paternelles et maternelles, plus aucune relation ne reste valide, sauf en ce qui concerne la prématurité qui augmente de 34%. Bien entendu, les futures mères doivent en être averties, mais ces résultats sont tout de même rassurants si l'on excepte le fait que plus de 60% d'entre elles ont reçu un antidépresseur.
Ayesha C. Sujan et al. Associations of Maternal Antidepressant Use During the First Trimester of Pregnancy With Preterm Birth, Small for Gestational Age, Autism Spectrum Disorder, and Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder in Offspring JAMA. 2017;317(15):1553-1562. http://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2618619