Le sport : une drogue comme les autres...

Dans une société où la performance et notamment la performance sportive sont mises en permanence à l'honneur, il est finalement peu étonnant que certains trouvent dans le sport un paradis artificiel.
L'effort physique entraine la production d'endorphines et la performance un satisfécit majeur. Tous les éléments sont réunis pour créer une addiction somme toute banale. Or, on sait peu de choses sur cette dernière et ses conséquences. D'un point de vue épidémiologique, les études ont montré que cela concerne entre 0,3 et 0,5% de la population générale et entre 1,9% et 3,2% de celles qui ont une pratique sportive régulière.
Non répertoriée dans le DSM-5, la définition, elle-même, reste floue, notant simplement qu'il s'agit d'une pratique excessive qui deviendrait obligatoire. Les auteurs estiment qu'elle peut être identifiée par son impact social et émotionnel. Pour l'évaluer, on peut demander à la personne sa fréquence, la durée, les raisons et ses sentiments si elle ne peut pas pratiquer son activité favorite.
Les chercheurs préconisent, une fois le diagnostic posé, de proposer au patient une thérapie cognitivo-comportementale. Celle-ci ne visera pas à l'empêcher de faire du sport, mais bien à reconnaitre quand cette activité devient problématique.
Heather A Hausenblas et al. Addiction to exercise BMJ 2017;357:j1745 online http://www.bmj.com/content/357/bmj.j1745