Encore le microbiote

Le lien entre nos intestins et le cerveau est de plus en en plus fort. C'est pour cela que l'on parle de Brain Gut. Mais il ici s'agit de prendre en charge une lésion bien physique, rare : le cavernome.
Les recherches menées à l'université de Pennsylvanie pourraient avoir un impact majeur pour une malformation méconnue, le cavernome cérébral. Cette maladie rare présente une forme familiale et une forme sporadique. La première est encore plus rare que la seconde, mais les deux engendrent des complications qui touchent aussi bien la vision que provoquant des troubles épileptiques. Un article qui vient de paraitre dans le JAMA Neurology montre que sur une population tout venant de 4271 participants âgés de 50 à 89 ans, 0,46% présentaient un cavernome, mais avec une augmentation de la prévalence avec l'âge. La tranche des 50-59 ans est touchée à raison de 0,15% et celle des 80-89 ans de 0,58%. Il y a une petite prédominance masculine.
Pour en revenir à l'étude des chercheurs de Pennsylvanie, la formation des cavernomes est dépendante de l'activation du TLR4 qui est un récepteur pour les liposaccharides bactériens. Les scientifiques ont montré en laboratoire que, chez la souris l'arrêt de l'activation du TLR4 soit en utilisant des souris germ-free soit en bloquant le récepteur, il est possible d'inhiber la formation des cavernomes. En limitant la circulation de LPS, produit notamment par les bactéries de notre microbiote, on pourrait donc prévenir cette formation et réduire le risque d'AVC hémorragiques chez ces patients.
Tang AT et al. Endothelial TLR4 and the microbiome drive cerebral cavernous malformations Nature 2017 online https://www.nature.com/nature/journal/vaop/ncurrent/full/nature22075.html
Flemming K et al. Population-Based Prevalence of Cerebral Cavernous Malformations in Older Adults JAMA Neurol 2017 on line http://jamanetwork.com/journals/jamaneurology/fullarticle/2624328