Le nivolumab en cas de CHC avancé ?

À ce jour, les patients atteints d'un carcinome hépatocellulaire (CHC) ne disposent que du sorafénib en tant que traitement systémique. Quel effet produit le nivolumab - un inhibiteur de PD-1 - dans cette indication et qu'en est-il de l'innocuité de cet inhibiteur de point de contrôle ?
L'étude CheckMate 040 est une étude ouverte non comparative de phase 1/2, qui comporte une phase d'escalade de la dose suivie d'une phase d'extension de la cohorte à la dose recommandée, chez des patients présentant un CHC confirmé sur le plan histologique, avec ou sans VHB (sous traitement antiviral avec une charge virale < 100 UI/ml) ou VHC. Bien entendu, les participants pouvaient avoir bénéficié d'un traitement préalable par sorafénib.
Dans la phase d'escalade (n = 48), les participants ont reçu le nivolumab à raison d'une dose de 0,1 à 10 mg/kg IV toutes les 2 semaines suivant un schéma 3 + 3. Dans la phase d'extension de cohorte (n = 214), une dose fixe de nivolumab a été administrée : 3 mg/kg toutes les 2 semaines.
Dans la phase d'escalade, les effets indésirables étaient gérables, avec une tolérance acceptable, et la dose maximale tolérée n'a pas été atteinte. 96 % des patients ont arrêté le traitement, la cause de cet arrêt étant la progression de la maladie dans 88 % des cas. Chez 25 % (des 48 patients inclus), des effets indésirables de grade 3-4 ont été signalés, dont 6 % graves (pemphygoïde, insuffisance surrénalienne, troubles hépatiques). Au final, 63 % de ces patients sont décédés.
Dans les deux phases, le taux de réponse était indépendant de l'étiologie virale sous-jacente, et s'est élevé respectivement à 15 % et 20 %. Les auteurs concluent donc que le nivolumab pourrait jouer un rôle potentiel dans le traitement du CHC.
El-Khoueiry AB et al. Nivolumab in patients with advanced hepatocellular carcinoma (CheckMate 040): an open-label, non-comparative, phase 1/2 dose escalation and expansion trial. Lancet 20 April 2017. http://dx.doi.org/10.1016/S0140-6736(17)31046-2