PremiumActualités médicales

Les urgentistes ne veulent pas de micros dans leur service

photo

Les urgentistes s'inquiètent des conséquences d'une récente déclaration de l'avocate Evelien Delbeke. La professeure invitée à la chaire de droit et éthique de la santé à l'Université d'Anvers a affirmé que tous les patients peuvent secrètement enregistrer la prestation d'un médecin et utiliser ultérieurement cette preuve lors de procédures juridiques intentées contre lui. C'est déjà le cas dans la relation avocat-client où de telles pratiques sont légales depuis un verdict de la Cour de cassation en 2015.

Vincent Claes - 26 mai 2017

"Si ce raisonnement est valable, il existe de toute évidence une lacune dans la loi qui doit d'urgence être comblée pour continuer à garantir la confiance entre médecins et patients, pierre angulaire de la qualité des soins de santé, soulignent Dr Jan Stroobants, président du Becep, et Pr Said Hachimi-Idrissi, président Besedim. Il n'est pas souhaitable que les médecins trahissent la confiance de leurs patients ou que les patients trompent leurs médecins dans le processus individualisé et complexe de diagnostic, d'accompagnement thérapeutique, de suivi et de communication. Les patients pris en charge en urgence ne peuvent choisir eux-mêmes leur dispensateur de soins. En situation de crise, l''urgentiste doit faire preuve de beaucoup de tact pour établir un lien de confiance sur le vif avec des personnes qui lui sont la plupart du temps inconnues et dont il ignore l'histoire."

Une réelle menace

Les urgentistes estiment que les nouvelles technologies, qui permettent à tout un chacun de réaliser des enregistrements clandestins, menacent surtout les médecins urgentistes.

"Pour éviter les mésinterprétations faites à postériori, les urgentistes devront dénaturer leur engagement en diminuant le degré d'individualisation des indications qu'ils prodiguent aux patients et à leur famille quand ceux-ci se présentent aux urgences pour des problèmes aigus", regrettent les urgentistes. "Par ailleurs, il est inacceptable que de tels enregistrements audio soient relayés dans les médias sociaux par des patients mécontents qui prétendent invoquer leurs droits avec le soutien sans nuance de sympathisants, pour déstabiliser les dispensateurs de soins impliqués qui, en raison de leur déontologie, ne sont pas autorisés à réagir publiquement."

Les médecins urgentistes demandent aux autorités publiques d'élaborer une loi interdisant tout enregistrement audio ou vidéo sans l'autorisation explicite du médecin traitant lors d'un contact patient.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine