La peur est un sentiment qui s'apprend !

Deux chercheurs de l'Université de Californie à Riverside viennent de décrypter le mécanisme de mémorisation de la peur, expliquant que des événements troublants se transforment en peurs chroniques ancrées dans notre mémoire via un processus d'apprentissage complexe.
Jun-Hyeong Cho et Woong Bin Kim ont commencé par étudier la peur chez des souris de laboratoire en utilisant une méthode de traçage des neurones de l'hippocampe, région cérébrale qui est considérée comme le centre de la mémoire. Au cours de leurs expériences, ils ont observé que ces neurones, dès l'instant où ils sont stimulés par la peur, transmettent l'information contextuelle à la fois au cortex préfrontal, siège des fonctions cognitives et sensitives, mais aussi au complexe amygdalien, en charge des processus émotionnels.
Cette double trajectoire permet la mise en place d'une activité neurale synchronisée similaire au processus d'apprentissage. C'est de cette manière qu'un événement perturbant est mémorisé et qu'il peut, dans certains contextes bien précis, se transformer en souvenir de peur.
La découverte de ce mécanisme de mémorisation de la peur ouvre la porte au développement de nouvelles thérapies qui devraient permettre de lutter contre les peurs chroniques et les troubles de stress post-traumatique dont souffrent des millions de personnes à travers le monde.
(référence : Journal of Neuroscience, 6 avril 2017, DOI : 10.1523/JNEUROSCI.3579-16.2017)