Intelligence : la part de la génétique confortée !

Malgré le fait que l'hérédité est jugée importante dans la transmission de l'intelligence, seulement un petit nombre de gènes lui ont été associés à ce jour, et la fiabilité des travaux pour l'établir ne fait pas l'unanimité. Au terme d'une enquête de grande envergure, la plus vaste menée jusqu'à présent sur le sujet, des scientifiques néerlandais viennent toutefois d'apporter des données supplémentaires qui permettront de mieux comprendre les fondements génétiques du quotient intellectuel.
La généticienne Danielle Posthuma et son équipe ont analysé le génome de 78 308 individus de souche européenne à la recherche de marqueurs liés à l'intelligence, et ils ont réalisé des tests de QI avec les participants. Un travail de fourmi qui a permis aux chercheurs de débusquer 52 gènes corrélés à des résultats élevés aux tests de QI, dont 40 jusqu'ici inconnus.
La plupart de ces gènes sont principalement exprimés dans le tissu cérébral. Ils sont particulièrement importants dans la formation des synapses, l'orientation des axones et la différenciation neuronale.
Même si l'intelligence n'est pas qu'une affaire de génétique, de nombreux autres facteurs comme l'alimentation, l'environnement, le statut socio-économique, ou l'état de santé entrant en jeu, l'avancée est donc majeure. Ce travail fournit pour la première fois des indices clairs sur les mécanismes biologiques sous-jacents de l'intelligence. Mais il est loin d'être terminé. D'autres études, encore plus vastes, seront nécessaires pour identifier la totalité des gènes qui prennent part à l'intelligence car la famille pourrait en compter plus d'un millier...
(référence : Nature Genetics, 22 mai 2017, doi : 10.1038/ng.3869)