Une molécule produit les mêmes effets que l'exercice physique !

Voilà une étude réalisée sur des souris dont les résultats pourraient agacer les sportifs qui s'entraînent sans relâche pour améliorer leur endurance et leurs performances mais au contraire séduire toutes celles et tous ceux que l'exercice physique rebute.
Des chercheurs de l'Institut Salk, à San Diego ont effet découvert qu'une molécule baptisée GW1516 était capable de brûler la graisse de l'organisme plus rapidement et le sucre plus lentement que ne le fait une séance de running mais aussi d'augmenter l'endurance autant que la pratique sportive, et ce sans devoir bouger de son canapé.
Dans une précédente recherche, les scientifiques avaient découvert que des rongeurs génétiquement modifiés pour activer de manière permanente le gène PPAR delta (PPARD) devenaient naturellement des marathoniens, ne prenaient pas de poids et étaient très réactifs à l'insuline. Bref, autant de qualités qui vont de pair avec la forme physique. Ils sont parvenus aux mêmes résultats avec la molécule expérimentale GW1516, qui active tout particulièrement PPAR delta.
En réalité, il faut savoir que cette molécule a été initialement mise au point dans les années 1990 pour traiter des maladies du métabolisme et cardiovasculaires. Des tests avec des souris ont ensuite révélé qu'elle avait le potentiel d'augmenter l'endurance, ce qui a créé un marché noir de cette substance vendue comme complément alimentaire sous le nom d'Endurobol dans les années 2000. Certains athlètes en ont même abusé durant les Jeux Olympiques de Pékin de 2008. Du coup, elle a été interdite par l'Agence mondiale antidopage qui la jugeait dangereuse, plusieurs essais cliniques ayant montré un risque de provoquer un cancer quand elle est prise à fortes doses.
Mais la molécule n'a pas dit son dernier mot. Soutenus financièrement par les Instituts américains de la santé (NIH), les scientifiques californiens ont continué à l'étudier en raison de son important potentiel.
Durant deux mois, ils l'ont administrée sous forme de pilule à un groupe de souris sédentaires. Les souris ainsi traitées ont couru dans une roue pendant 270 minutes avant d'être épuisées, alors que leurs congénères témoins soumises à la même épreuve, mais sans la molécule, ont atteint leurs limites après seulement 160 minutes d'exercice.
L'expérience a montré que GW1516 modifie l'expression de 975 gènes et notamment celui qui joue un rôle de booster d'endurance chez les rongeurs. De plus, elle stimule les gènes qui favorisent la combustion des graisses, tout en ralentissant ou arrêtant l'activité de ceux qui brûlent les sucres.
Enfin, ce gain d'endurance de l'ordre de 70% s'accompagne également d'autres bienfaits pour la santé, sans modification physiologique des muscles cependant. Les souris traitées ont pris moins de poids et ont mieux contrôlé leur glycémie, ce qui laisse penser que cette substance expérimentale pourrait aussi aider les diabétiques.
Reste à savoir si la molécule aura les mêmes effets chez les humains. Si c'est le cas, les chercheurs imaginent déjà une thérapie capable d'imiter les bénéfices de l'exercice physique chez des populations à la mobilité réduite comme par exemple les personnes obèses, âgées, handicapées ou souffrant de troubles cardiaques. En attendant, rien de tel qu'une bonne hygiène de vie et une bonne séance de sport pour brûler des graisses...
(référence : Cell Metabolism, 2 mai 2017, DOI : 10.1016/j.cmet.2017.04.006