Le stress pendant la grossesse pourrait perturber le développement du bébé

On savait déjà que le stress est un réel facteur de risque pour la fertilité et on apprend qu'il pourrait également influencer négativement le métabolisme du foetus lorsqu'il se prolonge durant la grossesse.
Pour en arriver à cette conclusion, des chercheurs zurichois et munichois ont suivi 34 femmes enceintes en bonne santé durant leur grossesse via des amniocentèses et des questionnaires réguliers. Ils ont d'abord découvert que, lorsque la femme enceinte subissait un stress durant plusieurs semaines, en particulier au cours du second trimestre de grossesse, le placenta produisait de la corticolibérine, une hormone synthétisée en réponse à la production de cortisol, "l'hormone du stress".
Or, si la corticolibérine peut avoir un effet positif lorsqu'elle est secrétée en petite quantité, en favorisant la croissance du foetus et en améliorant les chances de survie en cas de naissance prématurée, par contre si elle se répand en grande quantité dans le liquide amniotique parce que la femme enceinte subit de trop grosses pressions sur un laps de temps important, elle a un impact négatif sur le développement du bébé : le foetus croît alors trop rapidement, et cette croissance se fait au détriment d'autres fonctions essentielles.
Le stress prolongé de la maman peut aussi provoquer une naissance prématurée, un trouble déficit de l'attention/hyperactivité (TDAH) ou encore des problèmes cardiovasculaires. En revanche, une angoisse passagère n'aurait aucun effet néfaste pour le futur bébé.
Ces résultats montrent l'importance de neutraliser le stress de la future maman. En cas de grossesse difficile, les auteurs recommandent le recours à une aide médicale et/ou une thérapie.
(référence : The International Journal on the Biology of Stress, 21 avril 2017, doi : 10.1080/10253890.2017.1312336)