Incontinence anale : une thérapie cellulaire testée avec succès

Des chercheurs français viennent de mettre au point une thérapie cellulaire visant à restaurer la capacité du sphincter à se contracter en cas d'incontinence anale.
Dans un premier temps, un modèle de la maladie a été développé sur des rats. Ceux qui ont été traités par une injection de cellules souches adultes musculaires (myoblastes autologues) ont montré une récupération de leur fonction sphinctérienne. Cette amélioration s'explique par la production de nouvelles fibres musculaires.
Fort de ces résultats, dans un second temps, les auteurs ont expérimenté leur traitement chez 24 patients souffrant d'incontinence anale sévère dans le cadre d'un essai clinique de phase 2 randomisé en double aveugle. La moitié des volontaires ont donc reçu une injection de myoblastes autologues, sous contrôle échographique, dans le sphincter défaillant et l'autre moitié un placebo. Au préalable, un fragment de muscle avait été prélevé au niveau de la cuisse des malades. Les cellules souches ont ensuite été cultivées en laboratoire pour en obtenir un nombre suffisant.
Après l'intervention, un suivi du score d'incontinence (appelé score de Cleveland) des participants a été effectué. A six mois, la sévérité de l'incontinence avait significativement diminué dans les deux groupes. A un an, le traitement avait fonctionné chez sept personnes sur douze (58%) dans le groupe thérapie cellulaire, avec un score d'incontinence réduit de façon significative (de 15 à 6,5 points), et chez seulement une patiente sur douze (8%) dans le groupe placebo (score d'incontinence moyen stable à 14 points).
Par la suite, les patientes du groupe placebo qui le désiraient ont pu bénéficier d'une injection de leurs myoblastes qui avaient été cultivés et cryoconservés (à -196°C) avant la première intervention. Les résultats de cette injection étaient aussi bons que ceux du premier groupe.
A terme, les chercheurs espèrent que cette thérapie cellulaire deviendra une référence, avec l'avantage d'être moins contraignante que les traitements actuels.
(référence : Annals of Surgery, 19 avril 2017, doi : 10.1097/SLA.0000000000002268)