Plaidoyer pour la suppression pure et simple des bancs solaires

Deux raisons principales poussent le Conseil supérieur de la Santé à prôner l'interdiction pure et simple des bancs solaire : la preuve scientifique existe que l'exposition aux rayons UV peut provoquer cancer de la peau et autres maladies oculaires et il n'existe pas de niveau seuil pour l'apparition de cancer cutané et donc pas de limite sûre à recommander pour l'exposition aux UV. La Fondation contre le cancer se réjouit de cette prise de position.
Les bancs solaires émettent des UV qui peuvent comme chaque médecin le sait provoquer des cancers de la peau et des maladies oculaires.
Cette technique de préparation à l'exposition solaire et de bronzage est largement utilisée en Belgique, plus que dans d'autres pays européens. "En 2015, 14 % de la population belge a eu recours au banc solaire (au moins une session durant les 12 mois). 62 % des utilisateurs ont subi au moins 10 sessions en un an et 23% plus de 20 sessions durant l'année. Au total, cela concerne plus d'un million de personnes entre 15 et 65 ans ayant utilisé un banc solaire l'année écoulée."
Pour quelles raisons ?
62 % des utilisateurs disent l'utiliser pour bronzer, 44 % l'utilisent pour maintenir leur bronzage, 47 % parce qu'ils pensent que cela prépare leur peau avant les vacances. 32 % "se sentent mieux" après l'utilisation et 9 % l'utilisent pour avoir "plus de vitamine D".
Or, rappelle le CSS, 40% des Belges croient erronément que le banc solaire aide à préparer la peau contre les coups de soleil bien qu'ils soient 94% à connaître les risques de cancer.
En outre, "une exposition minimale aux rayonnements UV naturels est suffisante pour produire suffisamment de vitamine D. L'utilisation d'un banc solaire n'est donc pas nécessaire."
Donc, pour résumer, il est scientifiquement démontré que l'exposition a fortiori artificielle, provoque cancer et maladies de peau. Et il n'existe pas de niveau seuil pour l'apparition de cancer cutané et donc pas de limite sûre à recommander pour l'exposition aux UV.
Les centres de bronzage sont nombreux et autant de tentation voire d'addiction (tanorexie) sans qu'ils fournissent d'informations concluantes sur les dangers de l'exposition. Peu sont en ordre de fonctionnement.
Pour toutes ces raisons, le CSS préconise l'interdiction de ces centres.
La Fondation contre le cancer se réjouit
"La Fondation contre le Cancer se réjouit de la prise de position du Conseil supérieur de la Santé (CSS) (en faveur de) l'interdiction des bancs solaires", indique-t-elle lundi dans un communiqué, ajoutant plaider pour cette interdiction depuis 2012. Elle en appelle "aux responsables politiques pour la mise en place rapide d'un plan visant à supprimer progressivement les bancs solaires."
La Fondation contre le Cancer demande une interdiction suivie d'une suppression progressive. "C'est ce processus qui a été mis en place en 2015 en Australie", indique-t-elle.
Selon la Fondation, "de nombreux grands organismes de santé publique considèrent la nature cancérigène des bancs solaire comme un fait avéré. Ils sont d'accord sur de nombreux points, notamment le fait qu'utiliser des bancs solaires avant 35 ans augmente le risque de cancer de la peau de 75%, et que ce risque augmente à chaque usage. Un seul usage entraîne déjà un risque de mélanome accru de 20%."
Pourtant, "le public continue à sous-estimer les risques liés à cette pratique, ou ne les connait simplement pas", déplore la Fondation, se basant sur une enquête qu'elle a menée en 2015. "Un usage modéré ne serait pas nocif. C'est faux. Aucun seuil de sûreté n'existe quant à l'usage des bancs solaires. Chaque séance augmente le risque de cancer de la peau", martèle-t-elle.