e-prescription : "Il faut parfois procéder à une mise à jour"

Catherine Fonck demande à Maggie De Block de prévoir un régime transitoire incluant le maintien de la prescription papier jusqu'au 1er janvier 2021, date prévue pour l'utilisation obligatoire du dossier médical informatisé. "Cela permettrait d'éviter des départs prématurés de médecins à la retraite."
La députée cdH rappelle que la prescription électronique pose des problèmes aux généralistes de plus de 55-60 ans et aux prescripteurs occasionnels. Et d'illustrer cette problématique par un exemple concret. "Dans le secteur de garde Baudour-Sirault-Hautrage-Tertre-Neufmaison- Villerot, on est passé de 26 généralistes à 16 en dix ans, dont huit de plus de 55 ans et cinq de plus de 60 ans. Un seul médecin va arriver comme assistant. Avec l'annonce de la prescription électronique obligatoire, certains ont décidé d'arrêter avant."
Mi-février, le docteur Thierry Marchal, trésorier de l'association des généralistes de Baudour et environs avait déjà lancé un cri d'alarme dans notre journal, en déclarant, que huit généralistes avaient décidé, la mort dans l'âme, de stopper leurs activités professionnelles en raison de l'introduction obligatoire de l'e-prescription.
Solution en vue ?
En commission Santé publique de la Chambre, la ministre a déclaré être ouverte à une solution pour les médecins âgés. "Toutefois, cela ne visera pas tous les médecins. Nous n'allons pas accorder cette facilité à ceux qui ont 25 ans, par exemple. Cela dit, je comprends les réticences de certains qui sont, au demeurant, de bons médecins attentifs à leurs patients. Nous examinons comment procéder. Comme pour un ordinateur, il faut parfois procéder à une mise à jour. Il est vrai que c'est parfois contrariant", a commenté Maggie De Block en soulignant qu'elle a plus de 55 ans et est donc très sensible à cette tranche d'âge.
La députée cdH a demandé à la ministre, à l'instar de plusieurs organisations médicales, de prévoir un régime transitoire jusqu'au 1er janvier 2021. Ainsi, les "réticents" pourraient continuer à prescrire de façon classique jusqu'à l'instauration obligatoire du dossier médical informatisé. "Cela permettrait d'éviter que plusieurs centaines de médecins quittent prématurément la médecine générale. Cela permettrait aussi de rassurer les prescripteurs occasionnels. Pour vous, a conseillé la cheffe de groupe à l'attention de sa consoeur, c'est une bonne occasion de redonner confiance aux médecins généralistes."
Exceptions
Maggie De Block a rappelé que la prescription papier restera possible dans certaines situations : en urgence ou dans le cas où le patient doit obtenir médicament et que le prescripteur est dans l'impossibilité de rédiger l'ordonnance électronique. "Je n'envisage pas encore de date pour mettre un terme à cette option", a précisé la ministre de la santé publique.