Jouer d'un instrument de musique a un effet protecteur sur la santé cérébrale

Jouer d'un instrument de musique pourrait-il aider les personnes âgées à conserver leurs compétences d'écoute et à freiner le déclin cognitif lié à l'âge ? Et, de manière plus large, la musique peut-elle contribuer à " recâbler " le cerveau en cas de lésions de type commotion ou accident vasculaire cérébral ?
C'est avec ces questions en tête que des chercheurs canadiens ont recruté 32 jeunes adultes en bonne santé ayant une audition normale et pas d'antécédents de troubles neurologiques ou psychiatriques.
Via des magnétoencéphalographies (MEG), ils ont enregistré les ondes cérébrales de 19 participants (7 femmes et 12 hommes) pendant qu'ils écoutaient des sonneries provenant d'un bol tibétain, puis pendant qu'ils tentaient de recréer les mêmes sons sur le même rythme en frappant l'instrument avec un maillet en bois et enfin alors qu'ils écoutaient l'enregistrement de leur prestation. Parallèlement, les 13 autres participants (8 femmes, 5 hommes) étaient soumis au même test mais, eux, devaient appuyer sur les touches d'un clavier d'ordinateur pour recréer les sons entendus.
Après une session, les scientifiques ont constaté des changements directs dans le cerveau des volontaires, significativement plus importants dans le groupe de celles et ceux qui ont frappé sur le bol tibétain. Plus précisément, ils ont découvert que l'apprentissage du bon mouvement nécessaire pour reproduire un son sur un instrument de musique modifie la perception de ce son par le cerveau d'une manière très spécifique et distincte de la simple écoute de la musique, les compétences d'écoute et d'audition de la personne étant améliorées sur un court laps de temps.
Selon les auteurs, ces changements démontrent la capacité du cerveau de se recâbler rapidement et de compenser les blessures ou les maladies qui peuvent entraver le fonctionnement cognitif quotidien d'une personne âgée et sa capacité à effectuer des tâches.
(référence : The Journal of Neuroscience, 24 mai 2017, doi : 10.1523/JNEUROSCI.3613-16.2017)