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Comment enseigner les soins palliatifs

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Dans un avis récent, l'Académie royale de médecine de Belgique (ARMB) et son pendant néerlandophone, la KAGB, examinent de quelle manière les soins palliatifs peuvent/doivent être enseignés durant le cursus de médecine et pendant les années de formation complémentaire. Or pour le moment, c'est surtout l'hétérogénéité qui règne.

Nicolas de Pape - 13 juillet 2017

A partir de 2017, en raison du vieillissement de la population, plus de 20.000 patients nécessiteront des soins palliatifs (SP). Les étudiants en médecine doivent donc impérativement y être formés pendant leur cursus, pour des patients en phase terminale d'ailleurs de tous les âges. L'approche palliative s'entend en effet, selon l'OMS, comme des soins d'accompagnement et de soulagement du malade dès le stade précoce d'évolution d'une maladie fatale.

Or l'ARMB constate que l'enseignement des SP dans les Facultés de médecine est particulièrement hétérogène. Le nombre d'heures varie entre les masters et entre les Facultés. Il s'agit principalement de cours magistraux sans contact au lit du malade. Très peu d'enseignants suivent la formation en soins palliatifs de trois ans.

Enseignement à trois niveaux

L'Académie estime que les soins palliatifs doivent être enseignés à trois niveaux. Au niveau 1 (bachelier/master), tous les professionnels de santé devraient connaître les principes de base des SP. Ce qui éviterait aux patients de devoir être traités dans des services spécialisés en SP. Au niveau 2 (post-graduat), il faut une formation qui mène à une expertise de niveau intermédiaire disponible en hôpital ainsi qu'en première ligne, soit à la fois pour la MG et les spécialités telles que radiothérapie, pneumologie, gastro-entérologie, pédiatrie, gériatrie, cardiologie, oncologie, hématologie, gynécologie, neurologie, néphrologie, médecine d'urgence et intensive. En support, l'ARMB voit les autres soignants (infirmiers) et même des associations de patients. Enfin, au niveau 3 (position académique), on pense à des SP spécialisés gérés par une équipe multidisciplinaire sous la direction d'un médecin spécialisé en SP (doctorat) et formé à cette tâche.

Au sein des masters, il faut en tout cas qu'après 6 ans, les diplômés aient intégré les 6 points suivants : prise en charge de la douleur et des symptômes, communication sur la mort et le décès, orientation du patient en fonction des différentes options thérapeutiques en fin de vie, planification des soins, limites éthiques et collaboration interdisciplinaire en ce compris les soins à domicile.

" L'éducation en soins palliatifs doit être étalée sur l'entièreté de la formation de Bachelier et de master en médecine, avec une attention attirée sur les aspects psychosociaux (y compris la connaissance de soi), spirituels, organisationnels, de communication et d'éthique (années 1 à 3), et sur les aspects cliniques. " Des formations au lit du patient sont nécessaires. L'enseignement obligatoire des SP doit se faire par des cliniciens experts en SP.

Des postes de recherche en SP doivent être ouverts dans l'optique d'une formation continue.

Enfin, l'examen en SP doit être basé sur un portfolio ou un OSCE (objective structured clinical examination)...

CRISPR-Cas9 : l'Académie inquiète

Inventée par la microbiologiste, généticienne et biochimiste française Emmanuelle Charpentier et sa collègue américaine Jennifer Doudna, CRISPR-Cas9 est une technologie d'édition génétique qui utilise une enzyme couplée à un ARN spécifique pour couper de manière très précise des brins d'ADN à l'endroit souhaité. Ce qui pourrait valoir à leurs auteures le prix Nobel de médecine.

Jean-Michel Foidart, secrétaire perpétuel de l'ARM, s'en inquiète. Prélude à l'homme amélioré ? Grâce à cette technique, en effet il est possible d'inactiver un gène, d'ajouter des séquences d'ADN ou encore de modifier une séquence, par exemple pour corriger une mutation responsable d'une maladie. Et ce de manière permanente et durable.

" Je suis réservé pour ce qui concerne l'amélioration des performances ", précise Foidart, songeant bien sûr à l'eugénisme. En effet, les gènes ainsi modifiés sont transmissibles aux descendants. Dès lors qu'on va bientôt passer à des essais sur l'homme, il faut être extrêmement prudent.

En France, dans la perspective du prix Nobel, on parle d'une " avancée scientifique majeure " dans la lutte notamment contre les cancers et à breveter rapidement. La fin justifie-t-elle les moyens ?

Des chercheurs de l'université de Columbia tirent la sonnette d'alarme (1). Ils viennent en effet de découvrir que cet outil de manipulation du génome n'est pas aussi précis qu'escompté. En analysant le génome entier de deux souris qui avaient été traitées pour une maladie oculaire avec la technologie CRISPR-Cas9, les auteurs ont constaté que l'opération avait parfaitement corrigé le gène ciblé mais ils ont aussi remarqué plus de 1.500 modifications "inattendues" de nucléotides, les éléments de base de l'ADN, en dehors des zones prévues d'intervention chez les deux souris traitées. Près de la moitié de ces modifications se situaient dans des zones contenant des gènes connus, donc avec un risque potentiel de provoquer des cancers ou d'autres maladies génétiques. Le mal pour le bien, en somme.

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