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Obamacare: le sénat fait de la résistance

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Sous pression du président Donald Trump, la majorité républicaine au Sénat a relancé jeudi sa tentative d'abroger partiellement la loi sur la couverture maladie signée par Barack Obama. Mais en raison de dissensions internes, un nouvel échec reste possible.

Rédaction Web - 14 juillet 2017

Une première version de la loi républicaine a été adoptée en mai à la Chambre des représentants, chambre basse du Congrès, mais l'affaire est plus ardue au Sénat, où la majorité n'a qu'une très mince marge de manoeuvre: les républicains ne sont que 52 sur 100, et une dizaine d'entre eux ont menacé de faire défection.

Le texte aurait dû être adopté en juin, mais la fronde de sénateurs conservateurs, d'une part, et modérés, d'autre part, a forcé les chefs du Sénat à revoir leur copie. Une nouvelle mouture de leur réforme a donc été présentée jeudi matin lors d'une réunion de groupe à huis clos au Capitole, avant l'ouverture des débats prévue la semaine prochaine dans l'hémicycle.

Une mouture plus modérée?

Ce nouveau texte ajoute des dizaines de milliards de dollars d'aides publiques aux personnes achetant des assurances privées pendant la décennie prochaine, une carotte censée ramener au bercail les modérés. Autre concession: l'abrogation prévue de plusieurs taxes ou impôts de l'ère Obama sur les plus aisés n'est plus à l'ordre du jour, ce qui conserverait des recettes cruciales pour financer le système de santé et notamment la couverture médicale publique des plus pauvres, Medicare.

L'objectif est de tenir la promesse républicaine, formulée avec constance depuis sept ans et reprise par Donald Trump dans sa campagne victorieuse l'an dernier, d'abroger l'Obamacare, décrit comme une socialisation coûteuse de la médecine.

Les remords républicains

Problème, comme l'a confessé le sénateur républicain Pat Toomey la semaine dernière: "je ne m'attendais pas à ce que Trump gagne, et mes collègues non plus".

En réalité, les républicains n'osent pas annuler d'un coup la grande réforme démocrate, qui a permis de réduire à un niveau historiquement bas le nombre d'Américains vivant sans assurance maladie (environ 10% des moins de 65 ans). Plus de 20 millions de personnes ont, grâce à un mélange d'aides publiques et de réglementations, pu accéder aux soins.

Le plan républicain prévoit donc d'abroger seulement quelques éléments de la loi, notamment l'obligation universelle de s'assurer, afin de libéraliser le marché et d'en faire baisser les coûts pour les particuliers. Par exemple, ils entendent autoriser les assureurs à proposer des couvertures allégées et donc moins chères.

Un retour en arrière

Ce plan devrait malgré tout conduire à un retour en arrière en termes de couverture, le nombre de non-assurés devant repartir à la hausse. Le Bureau du budget du Congrès (CBO) publiera la semaine prochaine son analyse.

C'est la quadrature du cercle pour les chefs de la majorité: chaque concession à l'aile droite provoque des pertes parmi les modérés, et inversement.

Les ultra-conservateurs, emmenés par Ted Cruz et Mike Lee, ont obtenu des articles qui rendraient facultatives des réglementations de l'ère Obama, une proposition inacceptable pour les sénateurs représentant des États qui ont le plus à perdre, comme le Maine ou l'Alaska, où l'accès aux soins en zones rurales est déjà difficile, malgré les subventions fédérales.

"Le nouveau plan n'abroge pas Obamacare", a dénoncé le républicain Rand Paul sur Fox News. "Il conserve environ la moitié des impôts Obamacare et maintient la plupart de ses réglementations".

Pour Donald Trump, le vote d'un texte, quel qu'il soit, est un impératif. Depuis son entrée en fonctions en janvier, aucune grande loi n'a été adoptée, alors que les républicains contrôlent tous les leviers du pouvoir à Washington, avec la Maison Blanche et les deux chambres du Congrès.

Que se passerait-il en cas de nouvel échec ?

"J'en serais très fâché, et beaucoup de gens seraient en colère", a déclaré l'homme fort de la Maison blanche mercredi lors d'une interview à la chaîne chrétienne CBN. "J'attends à mon bureau que la loi vienne jusqu'à moi. J'espère qu'ils y arriveront. Ils le promettent depuis des années".

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