Santhea attentive aux dérives confessionnelles

Dans son nouveau rapport annuel, la fédération santhea consacre un chapitre à la promotion de ses valeurs et de celles de ses membres. Une réaffirmation qui n'est pas anodine en cette période de reconfiguration du paysage hospitalier.
La fédération, qui fédère, entre autres, 38 hôpitaux et 68 MR(S), rappelle que "la neutralité philosophique et en matière d'éthique de l'institution de soins qui participe au service public doit être réaffirmée comme la transposition des valeurs de l'état laïc ; aucune entorse aux principes de neutralité ne peut être admise. Aucune restriction de l'accès à la procréation assistée, en matière d'euthanasie ou d'IVG..., dans le cadre du respect de la législation belge, ne doit être admise."
Santhea considère que le service universel doit être garanti nonobstant les contraintes financières auxquelles les institutions sont confrontées. "Si le clivage selon le statut privé ou public de l'hôpital n'est plus toujours perceptible, il reste des valeurs auxquelles chaque institution s'engage à adhérer en devenant membre de santhea."
Protectionnisme
Pour la fédération, il faut relancer la réflexion sur la promotion des institutions de soins participant au service public "pour éviter la dérive confessionnelle, en particulier quand les institutions publiques fusionnent avec des institutions qui défendent des valeurs philosophiques en contradiction avec les valeurs de santhea."
La faîtière veut également combattre la dérive marchande "qui plaide pour la liberté des prix et la limitation du service universel." Et d'ajouter que "contrairement à un discours répandu dans l'opinion publique, les valeurs qui unissent les membres de santhea ne sont pas partagées par tous les acteurs du secteur des soins de santé."
Notons que récemment, Pierre Cools, secrétaire général adjoint de Solidaris, avait pointé lors d'un colloque sur le paysage hospitalier bruxellois (lire le Jdm 2499) la potentielle difficulté de concilier les points de vue éthique dans le cadre de la réforme hospitalière.