Le football américain provoque la dégénérescence cérébrale

Il y a bel et bien un lien entre les chocs répétés sur la tête, donc les traumatismes crâniens, subis en pratiquant le football américain, et l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC). C'est ce que vient de confirmer l'étude la plus étendue réalisée à ce jour sur ce sujet.
Pour évaluer les risques du sport le plus populaire aux Etats-Unis sur la santé du cerveau, les scientifiques ont analysé les tissus cérébraux de 202 anciens joueurs ayant pratiqué à titre professionnel (aux États-Unis et au Canada), au lycée, à l'université ou en tant que semi-professionnels. En moyenne, les joueurs avaient exercé ce sport pendant près de quinze ans et leur âge médian était de 66 ans au moment de leur décès.
Verdict : une ETC a été diagnostiquée post-mortem chez 177 d'entre eux soit 87% du groupe examiné. Pire, cette neurodégénérescence progressive qui se caractérise par une difficulté à gérer ses émotions, des troubles du comportement ou de l'humeur, des problèmes cognitifs et des signes de démence, a été repérée chez 110 des 111 anciens professionnels de la National Football League (NFL) que comptait l'échantillon.
Ces proportions très élevées s'expliquent en partie par la provenance des cerveaux, qui pour la plupart avaient été donnés par des familles voulant connaître les raisons du décès de leur proche. Elles ne sont de ce fait pas forcément représentatives de la totalité des pratiquants de ce sport.
Cette recherche fournit néanoins de solides preuves indirectes que la pratique du football américain cause fort probablement l'EFT. Les scientifiques ont également relevé que plusieurs facteurs pouvaient déterminer le risque de développer cette pathologie cérébrale et sa sévérité : âge de début du sport et nombre d'années de pratique, position sur le terrain, et accumulation des chocs sur la tête.
(référence : Journal of the American Medical Association, 25 juillet 2017, doi : 10.1001/jama.2017.8334)