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Myopathie de Duchenne : une belle avancée dans le traitement

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Une équipe de chercheurs franco-britanniques a réussi à démontrer l'efficacité d'une thérapie génique innovante. Pour la première fois, le corps entier d'un animal de grande taille atteint de myopathie de Duchenne a pu être traité.

Luc Ruidant - 31 août 2017

Cette maladie génétique rare et évolutive, qui provoque une dégénérescence de l'ensemble des muscles du corps, est liée à des mutations dans le gène codant pour la protéine dystrophine mais il est très complexe de la traiter avec une thérapie génique car ce gène est un des plus longs de notre génome. Techniquement, il n'est pas possible d'insérer l'ADN complet de la dystrophine dans un vecteur viral.

Ingénieux, les scientifiques sont parvenus à mettre au point une version raccourcie de ce gène qui permet d'apporter l'ensemble des fonctions essentielles de la protéine et à produire le médicament de thérapie génique qui associe cette version light à un vecteur viral de type AAV.

Ce candidat-médicament a ensuite été testé chez 12 chiens Golden Retriever naturellement atteints de la myopathie de Duchenne, qui portent les mêmes mutations que celles retrouvées chez les enfants malades et qui sont très proches de ces enfants en termes de morphologie, de poids et de taille. Quatre chiens ont reçu l'injection ciblée uniquement sur une patte tandis que chez les huit autres, l'expérience a été réalisée sur l'animal entier.

Le résultat est de bon augure. Les auteurs ont constaté une restauration significative de la fonction musculaire avec une stabilisation des symptômes cliniques observée pendant plus de 2 ans après l'injection du médicament. Les chiens étaient notamment capables de sauter par-dessus des obstacles. De plus aucun traitement immunosuppresseur n'a été administré au préalable et aucun effet secondaire n'a été observé.

La prochaine étape est de lancer un essai clinique chez des patients humains. Tout repose désormais sur la capacité de produire en quantité suffisante ce candidat-médicament car les doses à administrer sont importantes.

(référence : Nature Communications, 25 juillet 2017, doi : 10.1038/ncomms16105)

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