Dr Google propose un questionnaire pour détecter la dépression

Une association américaine a convaincu Google de faire apparaître un test clinique de dépistage de la dépression à chaque fois qu'un internaute américain rentre le nom de cette maladie dans le célèbre moteur de recherches. Ce test représente un premier pas en vue d'obtenir un diagnostic correct. Il permettra de déterminer si la personne doit consulter.
A l'heure actuelle à chaque fois qu'un internaute tape "dépression" dans Google, le géant du web lui propose une kyrielle de résultats, souvent assez aléatoires. Désormais, du moins si la personne vit aux États-Unis, le moteur lui suggérera automatiquement dans sa barre de recherche "Vérifiez si vous êtes déprimés" et l'orientera vers un questionnaire en ligne validé cliniquement par des spécialistes de la santé mentale.
Cette initiative est le fruit d'un partenariat avec la National Alliance on Mental Illness (NAMI), une association qui soutient les personnes atteintes de maladies mentales et qui observe que ces maladies, en particulier la dépression, restent difficiles à diagnostiquer et à prendre en charge, notamment à cause de leur stigmatisation et de la désinformation à leur sujet. Face à ce constat, cet organisme a donc milité auprès de Google pour que les malades soient mieux guidés.
Intitulé PHQ-9, le test d'autoévaluation a été mis au point en 1999 par les Dr Spitzer, Williams et Kroenke. Fiable et rapide - il peut être réalisé en trois minutes -, il se décline, comme son nom l'indique, en neuf questions très simples.
A l'issue du test, un résultat compris entre 0 et 27 permet de savoir, selon le score obtenu, si l'on ne possède pas de symptômes, ou si l'on est affecté par des symptômes légers, une dépression mineure, une dépression importante ou une dépression sévère.
Ce questionnaire n'est évidemment qu'un premier outil de diagnostic qui ne remplace pas la consultation et le suivi par un professionnel. Il permet d'un côté au patient de savoir rapidement s'il doit rencontrer un médecin, et de l'autre au professionnel de la santé d'obtenir des pistes sur les traitements à prescrire, le tout sans passer par des méthodes farfelues et parfois dangereuses proposées sur internet.
Le but est aussi de réduire le délai habituel allant de six à huit ans entre l'apparition des premiers symptômes de dépression et le début d'une prise en charge thérapeutique, sachant que plus cette prise en charge est précoce, plus le traitement sera efficace.
Précisons que Google ne s'est pas contenté de mettre en ligne le PHQ-9. En faisant une requête sur le terme "dépression", on voit aussi apparaître sur la droite de l'écran un encadré bleu, qui contient des détails sur la maladie. On y apprend notamment quels sont les symptômes les plus fréquents, les traitements envisageables, en combien de temps on peut en sortir, etc.
La phase de test a donc commencé sur le Google américain et pour l'instant uniquement sur l'interface mobile du moteur de recherches. Mais le PHQ-9 est tout de même accessible en français avec exactement les mêmes questions et la même procédure d'évaluation.
Enfin, les données personnelles recueillies via le formulaire de dépistage étant hautement sensibles, tant Google que la NAMI assurent qu'elles resteront confidentielles, ce qui est évidemment la moindre des choses...
(références : Google blog, 23 août 2017, et PHQ-9)