Le manque de sommeil dans l'enfance accroît le risque de diabète

Les enfants qui dorment moins que la moyenne sont susceptibles d'avoir des facteurs de risque de diabète de type 2 supérieurs aux autres. Une diminution d'une heure de sommeil par rapport aux recommandations officielles entraîne déjà des conséquences.
Dès l'enfance, le manque de sommeil est tout sauf anodin et ses effets sur la santé sont déjà bien documentés. Sans pour autant établir un lien de cause à effet, des chercheurs anglais et écossais montrent que les enfants qui dorment plus longtemps pèsent moins lourd, ont moins de graisse, ont un taux de glucose dans le sang plus faible et développent moins de résistance à l'insuline. Or, ces quatre caractéristiques sont considérées comme des facteurs de risque du diabète de type 2.
Pour aboutir à cette conclusion, les auteurs ont recueilli des données portant sur 4 525 enfants britanniques multiethniques âgés de 9 à 10 ans. Ils ont analysé leurs mesures corporelles (poids, taille, bio-impédance et tension artérielle), des échantillons sanguins destinés à tester leur insuline et leur niveau de sucre dans le sang ainsi que des questionnaires sur leurs habitudes de sommeil (heures auto-déclarées d'aller au lit et de se lever le jour de l'école).
L'étude a montré que les enfants dormaient en moyenne 10,5 heures par nuit, ce qui est tout à fait conforme aux normes, mais que certains n'avaient que huit heures de sommeil et d'autres douze. Elle a surtout établi une association inverse entre la durée du sommeil, l'adiposité et les marqueurs de risque du diabète de type 2, ce qui est nouveau. Une augmentation d'une heure de sommeil, par exemple, est corrélée à une réduction de 0,19 point d'IMC, et de près de 3% de la résistance à l'insuline.
Selon Christopher Owen, ces résultats suggèrent qu'une légère augmentation de la durée de sommeil chez les petits pourrait constituer une approche simple et rentable pour prévenir dès l'enfance le diabète de type 2.
(référence : Pediatrics, 15 août 2017, DOI : 10.1542/peds.2017-0338)