La perte d'odorat, nouvelle piste de détection de l'Alzheimer ?

Une fonction olfactive déficiente pourrait être un symptôme précurseur du développement de la maladie d'Alzheimer chez les personnes à risque. De quoi inciter à inclure des tests d'odeurs dans le dépistage de cette maladie neurodégénérative.
Cette étude de l'Université McGill vient confirmer les conclusions de précédents travaux mais "c'est la première fois qu'on réussit à démontrer clairement qu'il existe un lien direct entre la perte de la capacité à reconnaître des odeurs et les biomarqueurs qui témoignent de l'évolution de la maladie," souligne Marie-Elyse Lafaille-Magnan, auteure principale.
Cette conclusion a été tirée au terme d'une expérience menée avec 274 personnes âgées saines mais à risque, dont un parent ou plusieurs membres de la fratrie ont souffert de la maladie d'Alzheimer. Les participants ont été soumis à des tests de reconnaissance d'odeurs. Par ailleurs, 101 volontaires ont subi des ponctions lombaires pour mesurer les concentrations de protéines liées à la progression de la maladie dans le liquide céphalorachidien.
Résultat ? Les personnes qui ont le plus de difficulté à reconnaître les odeurs ou à associer l'odeur à l'aliment ou l'objet qu'il représente sont celles dont les biomarqueurs de la maladie sont les plus anormaux.
La découverte est importante. Les tests d'odeurs pourraient en effet aider les scientifiques à déceler précocement la maladie chez les personnes à risque avant que les premiers symptômes de pertes de mémoire apparaissent. Les auteurs ajoutent que ces tests pourraient aider à constater les effets des médicaments qui sont mis à l'essai.
En conclusion, ils considèrent qu'un mode de dépistage basé sur l'odorat, peu coûteux et non invasif, devrait être généralisé tout en admettant la nécessité d'études complémentaires.
(référence : Neurology, 25 juillet 2017, doi : 10.1212/WNL.0000000000004159)