Le travail, c'est la santé... si les lois anti-tabac sont strictement appliquées

Selon une étude pan-européenne menée par une équipe anglaise (avant le Brexit, quand le sort de l'Europe les préoccupaient) et présentée aux premières heures de l'ERS 2017, 25% des individus travaillant dans des espaces fermés (bureaux, magasins, etc.) sont directement exposés au tabagisme passif et risquent d'en subir les conséquences pulmonaires et cardiaque.
Toujours selon cette étude, on prend moins de risques en fréquentant ou travaillant dans un bar ou un restaurant qu'au bureau et au Royaume-Uni, en Irlande ou en Suède plutôt qu'à Chypre ou en Grèce. Conclusion, mieux vaut être serveur dans un pub londonien ou bien vendeur de smorrebrod à Stockholm qu'inspecteur des impôts dans la tour des finances de Bruxelles.
L'étude a été menée par des investigateurs du prestigieux Imperial London College dans les 28 pays actuellement au sein de l'Europe et qui tous ont introduit des lois anti-tabac protégeant les travailleurs des méfaits du tabagisme passif.
Pour réaliser leur évaluation de l'impact de ces lois sur le ressenti du tabagisme passif, nos confrères ont analysé les résultats d'une vaste enquête menée, en deux temps, auprès de 55.000 citoyens européens dont la moitié a été sondée en 2009 et l'autre partie en 2014.
Entre les deux enquêtes, nombre de pays ont introduit des lois anti-tabac plus restrictives englobant aussi les bars, les restaurants et tous les lieux de travail. Si, en 2009, 45,1% des sondés se disaient affectés par le tabagisme passif dans les bars, ils ne sont plus que 25,1% en 2014, près de 50% en moins ! De même, dans les restaurants, ils étaient 30,2% en 2009 à se plaindre contre 11,8% en 2014, 60% de réduction !
Si les choses se sont nettement améliorées dans le secteur HORECA, les employés des bureaux, magasins et usines, eux, ne sont pas à la fête. De 23,8% en 2009 à souffrir de travailler dans la fumée des autres, ils sont 27,5% en 2014.
Alors qu'on s'attendait à une baisse, c'est le contraire qui se passe. Pourquoi ? Tout simplement parce que les lois anti-antitabac sont très strictement appliquées dans les bars et restaurants avec des amendes à la clé, voire des ordonnances de fermeture en cas de récidives multiples. Par contre, les contrôles, tout comme les pénalités, sont quasi inexistants en entreprise et dans les bureaux où la nécessité de bonnes et calmes relations dans le travail vient compliquer la stricte application des lois. Difficile de travailler en équipe soudée si vous venez de dénoncer un collègue fumeur qui écope d'un blâme ou d'une amende. Et, malheureusement, la politesse, le savoir-vivre ou les règles du bien vivre ensemble semblent oubliées.
Ces résultats montrent qu'il y a encore du pain sur la planche et qu'il est temps de serrer la vis car ne perdons pas de vue que le tabagisme passif augmente le risque d'AVC, d'infarctus ou de cancer du poumons et qu'à ce titre, il est responsable de 600.000 décès par an dans le monde. Le travail c'est la santé.... Je laisse nos législateurs et nos responsables de la Santé méditer sur ces chiffres.
Ref: Session "Passive smoking and epidemiology", PA1252, ERS 2017, Milan, 10/09/2017.