Sommeil perturbé = Alzheimer ?

De plus en plus d'études évoquent un lien entre troubles du sommeil et démence de type Alzheimer. Deux études semblent confirmer qu'il est encore plus étroit qu'on pensait...
Dans la première étude (1), les chercheurs américains ont inclus 101 personnes de 69,2 (+/-6,2) ans. Les femmes étaient majoritaires (65,3%). Au moment de l'inclusion dans l'étude, les participants ne présentaient aucune déficience cognitive. Les investigateurs ont évalué par questionnaire la qualité de leur sommeil et leur ont fait subir également une ponction lombaire. Néanmoins, certains étaient considérés comme à risque, car leur taux d'ApoE4 était élevé ou parce qu'ils avaient un parent ayant souffert d'Alzheimer.
Les participants souffrant d'un sommeil perturbé et d'une somnolence diurne présentent, selon les résultats, plus de risque de développer une maladie d'Alzheimer que les autres. Néanmoins tous les patients avec des troubles du sommeil ne présentent pas forcément une augmentation des biomarqueurs.
Dans la seconde étude (2), les chercheurs ont étudié la qualité du sommeil. Ils ont désiré savoir si les perturbations de certaines phases du sommeil pouvaient déterminer le risque de développer une démence de type Alzheimer. Ils ont inclus 321 personnes de 67 ans en moyenne qui toutes avaient participé à l'étude Framingham et ont été suivies pendant 12 ans. Durant cette période, 32 cas de démence, dont 24 de maladie d'Alzheimer, ont été diagnostiqués. Pour les patients avec démence, les chercheurs ont déterminé qu'ils passaient seulement 17% de leur temps de sommeil en sommeil REM, contre 20% pour les patients sans démence. Ils ont ainsi pu calculer que pour 1% de baisse de sommeil REM, l'augmentation du risque de démence est de 9%, même après ajustement.
Il semble donc bien que les troubles du sommeil constituent un facteur prédictif du développement d'une démence clinique ; ils pourraient tout aussi bien être la signature précoce d'une démence déjà établie, mais non encore visible. Les recherches doivent donc se poursuivre pour le déterminer...
- Sprecher KE et al. Poor sleep is associated with CSF biomarkers of amyloid pathology in cognitively normal adults Neurology 2017 online http://www.neurology.org/content/early/2017/07/05/WNL.0000000000004171.short
- Pase MP et al. Sleep architecture and the risk of incident dementia in the community Neurology 2017 online http://www.neurology.org/content/early/2017/08/