Autisme : l'acide folique pour contrer les effets des pesticides

Les enfants dont les mères ont pris des doses élevées d'acide folique ou vitamine B9 au moment de la conception et pendant les quatre premières semaines de la grossesse, ont moins de risques d'être atteints d'autisme lié à l'exposition aux pesticides.
Plusieurs études ont déjà mis en évidence le lien entre l'exposition aux pesticides et certaines formes d'autisme. A défaut d'interdire les substances les plus toxiques, des chercheurs californiens ont peut-être trouvé un moyen de s'en prémunir : supplémenter les femmes enceintes en acide folique. Leur travail s'adresse tout particulièrement à celles qui vivent dans des zones rurales où les pesticides sont utilisés à des niveaux élevés.
Les auteurs ont suivi 516 enfants, âgés de 2 à 5 ans. Parmi eux, 220 ont été atteints de TSA (trouble du spectre autistique). Les mères ont été interrogées au sujet de leur exposition aux pesticides domestiques pendant la grossesse, et sur leur apport en acide folique.
Les résultats ont montré que la prise d'au moins 800 microgrammes d'acide folique par jour au moment de la conception diminue considérablement le développement de l'autisme chez l'enfant, même lorsque leur mère a été exposée à des pesticides domestiques ou agricoles associés à risque accru.
A l'inverse, les femmes enceintes qui n'ont pas, ou peu, consommé de vitamine B9, et qui ont été exposées durablement aux pesticides entre les trois mois avant la conception et les trois mois après celle-ci, ont fait courir à leurs enfants davantage de risques.
De manière générale, l'acide folique fait partie des recommandations internationales de base destinées aux femmes enceintes, à hauteur de 400 microgrammes par jour. Mais, selon cette étude, il faudrait au moins doubler la dose.
(référence : Environmental Health Perspectives, 8 septembre 2017, DOI : 10.1289/EHP604)