Dépression post-partum : les hommes aussi sont touchés

Alors qu'une nouvelle étude canadienne sonne l'alarme au sujet de la question souvent taboue du suicide parmi les nouvelles mères, des chercheurs américains montrent que les pères sont, eux aussi, susceptibles de subir une dépression post-partum.
S'il est encore difficile de quantifier le nombre de pères concernés, une recherche menée à l'Université de Californie du Sud ne laisse planer aucun doute sur la réalité du baby blues chez les hommes, et elle pointe son origine : la baisse de la quantité de testostérone.
Les auteurs ont suivi 149 couples après une naissance. Ils les ont interrogés sur leur humeur et sur plusieurs indicateurs de dépression. En parallèle, grâce à des prélèvements salivaires, ils ont relevé les taux de testostérone des pères quand leur enfant était âgé d'approximativement neuf mois.
Les chercheurs ont observé qu'une chute de ce taux était corrélée à des symptômes dépressifs chez les hommes. Mais, à l'inverse, les mères présentent alors moins de symptômes et elles sont également plus enclines à se déclarer satisfaites de leur couple. Le malheur des pères ferait visiblement le bonheur des mères !
Les scientifiques estiment dès lors qu'il serait risqué de tenter de réguler les niveaux de testostérone car une supplémentation pourrait augmenter le stress de toute la famille et nuire aux femmes alors même qu'une autre recherche fait état d'un taux de suicide élevé parmi les jeunes mères du nord-ouest de l'Ontario, qu'elles soient encore enceintes ou durant l'année suivant la naissance de leur enfant.
Sur un total de 966 morts périnatales de 1994 à 2008, 51 (soit 5,3%, ou encore 1 décès sur 19) seraient en effet attribuables au suicide et, parmi ces femmes, seulement 39% étaient suivies pour un problème de santé mentale avant le drame.
(références :
(1) Canadian Medical Association Journal, 28 août 2017, doi : 10.1503/cmaj.170088,
(2) Hormones and Behavior, septembre 2017, doi : 10.1016/j.yhbeh.2017.07.014)