CGRP au coeur de la prévention des crises migraineuses

Lors du dernier congrès de l'IHC (International Headache Society Congress) à Vancouver, pas moins de 6 études de phase 3 concernant 4 anticorps monoclonaux ont ouvert la voie aux biothérapies pour la prévention des crises migraineuses, tant dans la migraine épisodique que la migraine chronique. Ces quatre anticorps monoclonaux sont tous dirigés vers une seule cible, un neuropeptide de 37 acides aminés, le CGRP, au coeur du maelström cérébral que constitue la crise migraineuse.
Le CGRP, Calcitonin Gene-Related Peptide pour l'état civil scientifique, est un neuropeptide de 37 acides aminés longtemps considéré comme le suspect numéro 1 dans le déclenchement et l'entretien des crises migraineuses, mais son mécanisme pathophysiologique demeurait un mystère que l'évolution des neurosciences moléculaires a enfin permis d'élucider par le biais d'études sur des cultures de neurones trigéminés. Selon ces études, l'activation du nerf trijumeau par des stimuli encore largement inconnus provoque une libération de CGRP et d'autres neuropeptides par les neurones trigéminés, concentrés au sein du ganglion de Gasser, qui, à leur tour libèrent des médiateurs de l'inflammation.
Ces médiateurs vont à leur tour stimuler la synthèse et la libération continue de CGRP durant des heures, voire des jours, ce qui correspond à la durée de 4 à 72 heures des crises typiques de migraines. Galcanezumab, fremanezumab, eptinezumab et erenumab sont quatre nouveaux anticorps monoclonaux qui ciblent spécifiquement le neuropeptide CGRP pour l'inhiber, soit directement, soit en bloquant son récepteur.
Si les chercheurs continuent leurs investigations pour découvrir les événements cellulaires qui déclenchent et entretiennent la libération de CGRP au départ des neurones du ganglion de Gasser, la bande des 4 anticorps monoclonaux en bloquant l'action du principal coupable, CGRP, ouvre une voie novatrice et intéressante pour mieux soulager les migraineux chroniques ou épisodiques de leur enfer comme l'ont démontré les nombreuses études de phase 3 présentées en cascade lors du congrès de Vancouver.