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Les défibrillateurs sont-ils vraiment utiles ?

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Le KCE a voulu chiffrer l'efficacité et le rapport coût-efficacité des défibrillateurs externes automatiques (DEA) belges. Mission impossible en raison du manque de données chiffrées. Actuellement, ces appareils permettent de sauver 6 à 28 vies par an. C'est peu

Rédaction Web - 26 octobre 2017

Pourquoi ces résultats sont-ils si modérés? Le KCE avance dans un nouveau rapport (294 Bs) plusieurs explications.

  • Seulement 8% des victimes d'arrêt cardiaque pourraient bénéficier de l'utilisation d'un DEA.

Le KCE a calculé que seuls 8% des victimes d'arrêt cardiaque pourraient bénéficier d'une défibrillation pratiquée par des témoins. En effet, seuls 30% se produisent dans l'espace public (17% d'après les seules données belges existantes), et la moitié seulement en présence de témoins (44% selon les données belges). De plus, tous les arrêts cardiaques ne sont pas d'origine cardiaque, car on y comptabilise aussi les cas de noyade, overdose, trauma, etc., et il est alors inutile d'administrer un choc électrique. Enfin, surtout, tous ne sont pas/plus récupérables au moment où l'AED est prêt à être utilisé.

  • Le public est encore trop frileux

Un autre élément important touchant à l'efficacité des DAE est leur degré d'utilisation. Or, il apparaît que le public est encore très frileux : une étude anglaise menée sur 17.000 arrêts cardiaques observés par un témoin fait état de 2,4% de chocs délivrés par ce dernier. Une étude danoise similaire aboutit à un chiffre de 2,2%. Pour la Belgique, nous n'avons malheureusement pas de données fiables, mais on peut raisonnablement affirmer que l'utilisation des DEA par les témoins y est aussi très rare.

  • Il est difficile de localiser les AED

L'accessibilité des appareils pose également problème. D'une part parce qu'ils ne se trouvent pas nécessairement dans le voisinage proche et que la plupart d'entre eux, placés à l'intérieur de bâtiments privés, ne sont pas accessibles 24h/24 et 7j/7. Mais surtout parce qu'il est difficile de les localiser. Aucune cartographie complète des DEA existants n'est possible actuellement. En effet, tous ces appareils doivent théoriquement être enregistrés auprès du SPF Santé Publique, mais la procédure est complexe et décourage de nombreux propriétaires. En cas d'arrêt cardiaque, on ne sait donc pas toujours exactement où trouver le DEA le plus proche. Des applications de géolocalisation ont vu le jour, mais leurs résultats sont incomplets et ne concordent pas.

"Dans l'impossibilité de chiffrer l'efficacité et le rapport coût-efficacité des programmes de défibrillation par le grand public en Belgique, le KCE ne peut pas se prononcer sur la pertinence de cette intervention, communiquent les experts du Centre fédéral de connaissance des soins de santé. Cela ne veut pas dire que les DAE sont inutiles - que du contraire, utilisés dans les conditions idéales, ils permettent réellement de sauver des vies. Malheureusement, dans l'état actuel des choses, leur impact sur la mortalité globale par arrêt cardiaque restera limité dans notre pays, surtout tant que l'on néglige les autres étapes de la chaîne de survie"

Mieux informer le public

Le KCE recommande donc de plutôt commencer par optimiser les différentes étapes de la chaîne de survie, notamment en améliorant le niveau de compétence du grand public via des campagnes d'information et en instaurant une formation obligatoire des jeunes dès l'école secondaire, comme cela se fait avec succès dans les pays scandinaves, ou encore en entreprise.

Il conseille aussi de de tester de nouvelles approches permettant de raccourcir le temps entre l'arrêt cardiaque et l'utilisation d'un DAE, par exemple l'utilisation d'appareils mobiles par des professionnels tels que la police ou les pompiers, ou encore la formation de bénévoles qui seraient immédiatement localisables et mobilisables par les services d'urgence lorsqu'ils se trouvent dans le voisinage d'un arrêt cardiaque.

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