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Quel marqueur pronostique pour la sclérose en plaques ?

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Le sujet fait débat et ce n'est pas neuf mais l'enjeu est important aussi bien d'un point de vue clinique que pour la recherche de nouveaux traitements.

Pierre Dewaele - 30 octobre 2017

Comme l'a rappelé Eric Thouvenot (Nîmes, Montpellier, France), "la clinique et l'imagerie par résonance contribuent à poser le diagnostic de MS avec une bonne sensibilité. Cependant, le manque de marqueurs permettant de prédire le moment de la conversion vers une MS réellement clinique et celui de l'évolution vers une forme progressive constitue un réel besoin."

De l'ancien...

"Le premier biomarqueur utilisé est la synthèse intrathécale d'IgG. L'immunodétection permet de déterminer s'il y a présence d'IgG dans le LCR et pas dans le sérum, ce qui, dans ce cas, signifie que la synthèse d'IgG a lieu au sein du système nerveux central. Il en est de même si la concentration est beaucoup plus importante dans le LCR que dans le sérum", explique le spécialiste français. Ceci a été confirmé dans de nombreuses études dont celle de Kuhle (1) qui a rassemblé plus de 1000 patients montrant que la présence de bandes oligoclonales est un facteur prédictif. "La même étude a montré que le taux de vitamine D est également important", précise-t-il. L'intérêt des bandes oligoclonales (OCB) a été confirmé par une méta-analyse de Dobson et ses collègues (2) montrant un risque de conversion du Syndrome clinique isolé (CIS) en MS pratiquement décuplé en présence de ces OCB. "Ces patients doublent également leur risque de handicap."

Entre 1996 et 2013, le concept même du décours de la maladie s'est modifié passant de la description clinique par sous-types à une classification plus phénotypique acceptant le passage d'un phénotype à l'autre. Cette évolution s'est faite sur base des progrès cliniques et des connaissances en biologie. Si les marqueurs d'activité de la maladie sont importants au début de la maladie ; par la suite, ce sont principalement les marqueurs de progression qu'il faut considérer.

Aux nouveaux...

Pour les dommages axonaux, par exemple, la valeur pronostique des neurofilaments à chaine lourde a permis d'être corrélée voici une dizaine d'années avec les scores de progression de la maladie. "Plus récemment, d'autres équipes ont mis en évidence l'importance de neurofilaments à chaine légère (Nfl) dans le LCR (3). La détection de ces mêmes neurofilaments est plus intéressante puisqu'un taux sérique élevé de NfL est associé avec des récidives et a été retrouvé plus souvent chez ceux qui subissent une conversion rapide par rapport aux patients sans conversion. Par ailleurs, ce taux est également associé à un nombre annuel de récidives plus élevé, mais aussi avec une progression récente de l'EDSS et à une plus grande probabilité de progression. (4)"

Chitinase 3-like1, retrouvé dans le LCR, est également un marqueur intéressant dans le CIS. L'étude menée par Canto et ses collègues (5) prouve qu'il s'agit actuellement du seul facteur de risque indépendant significatif associé avec le développement d'un handicap (HR=3,8). Des taux élevés de ce marqueur sont associés avec un développement plus rapide du handicap.

Les marqueurs sont donc nombreux et doivent être combinés pour offrir le meilleur pronostic possible. "Il y a quelques jours, Barbour et ses collègues (6) ont cherché à savoir quel était le meilleur marqueur à travers l'analyse de 1128 protéines dans le LCR (SOMAScan). En comparant des populations RRMS et contrôle, ils ont découvert que l'antigène de maturation de lymphocyte B (B-Cell Maturation Antigen, BCMA) est essentiel dans les maladies auto-immunes notamment. De manière plus intéressante encore, ils ont découvert différentes voies de la maladie."

Pour conclure, le spécialiste français estime que la clinique reste malgré tout indispensable avec tout autre examen préalable et intégrant l'imagerie. Les nouvelles méthodes d'analyse et les nouveaux biomarqueurs devraient contribuer à mieux caractériser la maladie au départ et suivre son évolution, imaginer de nouveaux traitements, les évaluer et les adapter au besoin ou choisir une stratégie, induction ou intensification, au moment de la survenue de la maladie.

Thouvenot E Prognostic biomarkers in multiple sclerosis ECTRIMS 2017 Abstract #99.

  1. Kuhle et al. Mult Scler 2015 ;21 :1013-1024
  2. Dobson et al. J Neurol Neurosurg Psychiatry 2013 ;84 :909-914
  3. Arrambide G et al. Neurology 2016 ; 87 :1076-1084
  4. Disanto G et al. Ann Neurol 2017 ;81 :857-870
  5. Canto E et al. Brain 2015 ; 38 :918-931
  6. Barbour et al. Ann Neurol 2017 online (23/10/2017)

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