Maladies rénales : les particules fines en cause

Chaque année, plus de 10 millions de cas d'insuffisance rénale chronique (IRC) seraient directement imputables à la pollution par les particules fines. Un constat qui n'étonne pas quand on connaît les ravages sur la santé que provoque la pollution à travers le monde.
L'épidémiologiste Benjamin Bowe avait déjà démontré que les particules fines étaient susceptibles de développer une insuffisance rénale chronique chez certaines personnes. Récemment, lors du congrès de l'American Society of Nephrology à la Nouvelle-Orléans, il est venu présenter une nouvelle étude établissant que plus de 10,7 millions cas de maladies rénales par an seraient directement liées à ce type de pollution.
Avec ses collègues, il a utilisé des données épidémiologiques de la charge mondiale de morbidité pour étudier le lien avec le taux l'IRC attribuable à la pollution de l'air. Ces données prennent en compte les années de vie des patients avec leur maladie rénale, les années de vie perdues (décès précoces dus à une maladie rénale) et les années de vie adaptées à l'incapacité, une mesure qui combine le fardeau de la vie avec la maladie et le décès prématuré causé par la maladie. Le croisement de ces données a permis d'aboutir au chiffre de plus de 10,7 millions.
De plus, leurs résultats suggèrent que le taux de prévalence d'IRC évolue considérablement d'après la géographie, avec des valeurs plus élevées en Amérique centrale et en Asie du Sud.
Alors que l'urgence climatique et sanitaire est plus que jamais au coeur des débats, Benjamin Bowe considère que "la pollution atmosphérique pourrait expliquer au moins en partie l'augmentation de l'incidence d'IRC d'origine inconnue dans de nombreuses régions du monde, ainsi que la hausse de la néphropathie mésoaméricaine au Mexique et en Amérique centrale."
(référence : Eurekalert, Public Release, 4 novembre 2017)