Un peu d'alcool aiderait à mieux parler une autre langue

Absorbé à faible dose, l'alcool pourrait aider les personnes qui ont appris récemment une langue étrangère à améliorer leur prononciation dans cette langue. Mais attention à l'excès : une dose trop importante produit l'effet inverse et rend le discours lent et confus.
Pour cette recherche, les auteurs ont sélectionné 50 étudiants germanophones de l'Université de Maastricht ayant une connaissance récente du néerlandais. La moitié a bu un verre d'eau et l'autre moitié une faible quantité d'alcool déterminée en fonction du poids de la personne (environ une pinte de bière pour un homme de 70 kg), avant d'avoir un entretien standardisé de deux minutes avec un interlocuteur néerlandophone qui ignorait le type de boisson consommée.
La conversation a été enregistrée en audio et deux personnes dont le néerlandais est la langue natale ont évalué les discussions sans savoir qui avait et qui n'avait pas absorbé d'alcool. Les étudiants ont par ailleurs été invités à évaluer leur propre performance.
Résultat ? Si les participants ayant bu de l'alcool ne se sont pas évalués plus en confiance que leurs camarades parfaitement sobres, ils ont en revanche été mieux notés par les évaluateurs qui les ont trouvés plus fluides, avec en particulier une meilleure prononciation.
Les scientifiques insistent sur la quantité limitée d'alcool absorbée par les participants. En grande quantité l'alcool n'améliore pas la diction, de nombreuses recherches ayant déjà révélé que plus l'on boit, et moins l'on est capable de parler correctement, y compris dans sa langue natale...
(référence : Journal of Psychopharmacology, 18 octobre 2017, doi : 10.1177/0269881117735687)