Alzheimer : la circulation sanguine pourrait avoir un rôle

Des chercheurs chinois ont découvert que la maladie d'Alzheimer (MA) pourrait ne pas avoir une origine uniquement cérébrale mais qu'elle peut aussi se transmettre par le biais des protéines bêta-amyloïdes circulantes via des échanges sanguins entre une souris malade et une souris saine.
Cette découverte pourrait marquer un tournant. Dans la foulée de nouveaux travaux qui se penchent de plus sur l'éventuelle implication d'autres organes que le cerveau dans la MA, les auteurs révèlent que la circulation sanguine pourrait aussi avoir un rôle.
Pour en arriver à cette conclusion, ils ont lié par leur flux sanguin des couples de souris : l'une parfaitement normale et saine, l'autre modifiée génétiquement pour produire des niveaux importants de peptides bêta-amyloïdes dont l'accumulation dans le cerveau est l'une des caractéristiques de la MA. Ces peptides ne sont pas produits uniquement dans le cortex cérébral, mais on les trouve également dans la circulation sanguine et les muscles.
Après douze mois de parabiose, les chercheurs ont observé que les bêta-amyloïdes transportées par le sang en provenance des souris malades pénètrent le cerveau des souris saines et s'y agrègent en plaques. Divers dommages liés à l'accumulation de bêta-amyloïdes (hyperphosphorylation des protéines tau, neurodégénérescence, neuroinflammation et microhémorragie) ont été détectés dans les cerveaux des souris saines. Chez certaines souris saines, un défaut d'activation des cellules cérébrales impliquées dans l'apprentissage et la mémoire, et ce dès 4 mois de parabiose, a aussi été constaté.
Ces résultats surprenants démontrent pour la première fois que les protéines bêta-amyloïdes circulantes peuvent pénétrer dans le cerveau, créer des pathologies de type MA et induire des déficits neuronaux fonctionnels. Autrement dit, elles interviennent aussi dans la pathogenèse de la maladie. Les auteurs suggèrent que de nouvelles recherches ciblent le métabolisme de la protéine bêta-amyloïde non seulement dans le cerveau mais aussi tout l'organisme.
(référence : Molecular Psychiatry, 31 octobre 2017, doi : 10.1038/mp.2017.204)