Bientôt un test fiable pour dépister la fatigue chronique ?

En analysant le liquide céphalo-rachidien de volontaires après un effort physique, des chercheurs américains ont trouvé des signatures moléculaires distinctes dans deux troubles cérébraux : les syndromes de fatigue chronique (SFC) et de la Guerre du Golfe (SGG). Ils évacuent ainsi l'hypothèse d'une origine uniquement psychologique.
Cette étude menée à l'Université de Georgetown s'est concentrée sur le liquide céphalo-rachidien de sujets atteints de l'un de deux syndromes et de témoins "sédentaires" en bonne santé. Les participants ont effectué des séances (25 minutes) d'exercice physique sur un vélo stationnaire pendant deux jours consécutifs. Avant et après l'effort, une IRM était réalisée, ainsi qu'une ponction lombaire. Avant l'exercice, tous les sujets présentaient le même taux de microARN.
Ce travail montre tout d'abord que les deux syndromes ont des profils similaires de douleur, de fatigue, de dysfonctionnement cognitif et d'épuisement par l'effort.
Les chercheurs ont aussi observé chez les participants des changements des niveaux de microARN, 24 heures après l'exercice sur le vélo. Ils ont constaté que ces niveaux étaient différents chez les sujets SFC, SGG (deux sous-types) et témoins mais aussi que les sujets SFC présentaient des niveaux réduits de 12 microARN. Il pourrait donc s'agir de marqueurs spécifiques du syndrome de fatigue chronique.
Au final, ce travail jette les bases nécessaires pour mieux comprendre les syndromes SFC et SGG, améliorer leur dépistage et traiter efficacement les personnes atteintes.
(référence : Scientific Reports, 10 novembre 2017, doi : 10.1038/s41598-017-15383-9)