Vonoprazan : pas inférieur au lansoprazole

Une étude randomisée, en double aveugle, de non-infériorité et une phase d'extension en simple aveugle, conduites dans 104 centres japonais, ont respectivement inclus 621 et 439 patients ayant un antécédent d'ulcère peptique, qui avaient besoin d'une faible dose d'aspirine à long terme. Pour la prévention secondaire des ulcères, est-il possible de faire mieux avec le vonoprazan qu'avec un IPP ?
Le vonoprazan est un inhibiteur potassique compétitif (P-CAB), qui inhibe la pompe à protons de manière rapide, compétitive et réversible. Il provoque une élévation plus rapide (qu'un IPP) du pH dans l'estomac, et maintient simultanément le même effet antisécrétoire (Hunt R et al. Clin Transl Gastroenterol. 2015).
Dans cette étude, on a comparé 15 mg de lansoprazole (n = 217) avec du vonoprazan à la dose de 10 mg (n = 202) et de 20 mg (n = 202), administrées une fois par jour pendant 24 semaines, en double aveugle, ainsi que dans une phase d'extension durant moins de 2 ans.
Au bout de 24 semaines, le nombre de récidives d'ulcère peptique (critère d'évaluation primaire dans l'étude en double aveugle) atteignait respectivement 2,8 %, 0,5 % et 1,5 %, ce qui prouve la non-infériorité du vonoprazan par rapport au lansoprazole. Dans l'analyse post hoc de l'étude d'extension, le pourcentage de récidives d'ulcères a encore diminué significativement avec 10 mg de vonoprazan, mais pas avec la dose de 20 mg. Tant après 24 semaines que durant la période allant jusqu'à 2 ans, le nombre d'hémorragies gastro-intestinales était significativement plus élevé sous lansoprazole.
Kawai T et al. Vonoprazan prevents low-dose aspirin-associated ulcer recurrence: randomised phase 3 study. Gut; Published Online First: 01 December 2017. doi: 10.1136/gutjnl-2017-314852
http://gut.bmj.com/content/early/2017/12/01/gutjnl-2017-314852