Dépistage du mésothéliome au moyen d'une analyse de l'air expiré

Le mésothéliome pleural malin, essentiellement provoqué par une exposition à l'amiante, a un mauvais pronostic. L'air expiré contient des composés organiques volatils, et il pourrait être utilisé comme outil pour un dépistage précoce. La précision de la méthode a été testée ici.
Une précédente étude de l'air expiré (par spectrométrie de mobilité ionique et chromatographie gazeuse/spectrométrie de masse) avait déjà montré que les personnes à haut risque asymptomatiques (exposition à l'amiante) pouvaient être distinguées des patients souffrant d'un mésothéliome, et ce avec une grande précision. À présent, ce procédé a été validé dans plusieurs groupes témoins.
Après correction pour des données de base, il a été possible, au moyen d'une régression logistique avec lasso et d'une analyse des ROC, de distinguer le groupe de patients souffrant d'un mésothéliome des sujets témoins en bonne santé, non exposés à l'amiante (65 % de précision), des anciens travailleurs de l'amiante, asymptomatiques (88 %), des patients souffrant de pathologies bénignes, liées à l'amiante (82 %), des patients souffrant d'affections pulmonaires bénignes, non liées à l'amiante (80 %) et des patients souffrant d'un cancer du poumon (72 %). La combinaison des groupes "anciens travailleurs de l'amiante, asymptomatiques" et "pathologies bénignes, liées à l'amiante" permet cette distinction, avec une sensibilité de 94 % et une valeur prédictive négative de 96 %.
Les principaux composés organiques volatils sélectionnés sont : P1, P3, P7, P9, P21 et P26. Il est donc possible d'identifier très précisément les patients souffrant d'un mésothéliome au moyen d'une analyse de l'air expiré.
Lamote K et al. Exhaled breath to screen for malignant pleural mesothelioma: a validation study. European Respiratory Journal 2017; 50: 1700919. DOI: 10.1183/13993003.00919-2017