Primo-infection : un nouveau score de diagnostic en direct de San Diego

Se baser sur les symptômes plutôt que sur les comportements à risque durant la période qui précède l'infection aiguë au VIH pourrait rendre plus précis le diagnostic d'une primo-infection par le VIH notamment chez les hommes pratiquant le sexe avec d'autres hommes.
Publié fin décembre 2017 dans la revue Clinical Infectious Diseases, le San Diego Symptom Score pour le diagnostic d'une primo-infection par le VIH a été développé sur base des données récoltées auprès de 998 patients testés pour suspicion d'infection au VIH dans un seul centre de la ville de San Diego. Tous les patients ayant demandé un test VIH, dont 113 tests se sont révélés positifs, ont subi un questionnaire poussé concernant la présence ou non de 11 symptômes importants durant la période des 15 jours qui ont précédé leur test. Trois symptômes en particulier se sont révélés pertinents pour le diagnostic d'une primo-infection à VIH.
Il s'agit d'un état fiévreux, d'un amaigrissement soudain de plus de 2,5 kg et de la présence de myalgies intenses et généralisées. Les investigateurs ont alors mis au point un système de score basé sur ces nouvelles données qu'ils ont testé sur l'ensemble des participants à cet essai. Le nouveau score avait une sensibilité de 72% et une spécificité de 96% pour prédire une primo-infection chez les participants dont le score était équivalent ou supérieur à 11.
Parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, ce système de score basé sur les symptômes se révèle plus efficace que le système habituel basé sur les conduites à risque menées durant les deux semaines avant le test VIH. Pour les investigateurs, l'hypothèse la plus plausible pour expliquer ce constat serait que les patients, par crainte de stigmatisation, sont moins prompts à dire toute la vérité concernant certaines pratiques à risque alors que tel n'est pas le cas si on les interroge exclusivement sur la nature des symptômes ressentis durant les dernières semaines. Si cette découverte est certes intéressante, d'autres études auprès de groupes démographiques différents doivent à présent être menées avant de valider ce score pour une utilisation à large échelle.
Ref: Lin T.C. et al. Clinical Infectious Diseases 2017, publication en ligne sur le site du journal le 25/12/2017.