Vider les réservoirs: une stratégie 'kick and kill' à l'essai

Si on en croit les résultats publiés dans la revue Journal of Clinical Investigation, des chercheurs de l'Université de Caroline du Nord seraient parvenus à identifier un dosage efficace et moins toxique pour le vorinostat, une molécule déjà connue pour être active lors de la phase 'kick' de la stratégie 'kick and kill' comme on dénomme familièrement les protocoles thérapeutiques destinés à vider les réservoirs de VIH, ultime et primordiale étape vers une possible guérison de l'affection à VIH.
Le virus du VIH est difficile à éradiquer totalement parce qu'il se met en sommeil au sein de certaines cellules du système immunitaire ce qui oblige les patients vivant avec le VIH à poursuivre leur traitement antirétroviral à vie. Une des stratégies actuellement en cours de recherche et d'évaluation pour vider ces réservoirs est appelée 'kick and kill', une dénomination qui illustre bien la procédure consistant à administrer une première substance qui a pour mission de réveiller le virus au sein des cellules où il vit caché et de le pousser à en sortir pour s'exposer afin qu'une seconde substance finisse le travail en tuant le virus.
Depuis quelques années, les chercheurs se sont intéressés à la classe des inhibiteurs d'histone désacétylase et, en particulier, au vorinostat, une molécule connue pour son efficacité dans le traitement des lymphomes cutanés à cellules T. Au-delà de mettre en évidence l'efficacité de cette molécule, les investigateurs recherchent surtout le meilleur protocole d'administration, celui qui allie efficacité à faire sortir le virus de sa latence et toxicité la plus supportable possible pour le patient.
Le Dr Archin et son équipe de l'Université de Caroline du Nord propose le schéma suivant : administrer 400 mg de vorinostat tous les trois jours durant un mois seulement, ceci afin de limiter au mieux la survenue d'effets toxiques liés au vorinostat. La recherche continue pour ces stratégies (et d'autres) non seulement avec le vorinostat mais aussi d'autres molécules et, surtout, il faut aussi tester des molécules pour réaliser la seconde phase de cette stratégie, la partie 'kill', pour éliminer le virus VIH exposé après son réveil. En effet, le vorinostat se contente seulement de faire sortir le virus de sa latence.
Ref: Archin N.M. et al. J Clin Invest 2017; 127(8): 3126-3135.