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Se méfier des IPP chez les sujets infectés par le virus de l'hépatite C

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La sécurité d'emploi des inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) a récemment été mise en question chez les patients atteints de cirrhose, mais de nouvelles données laissent supposer qu'ils ont aussi une influence néfaste chez les sujets ayant une atteinte hépatique chronique sans cirrhose.

Dr Jean-Claude Lemaire - 25 janvier 2018

Le travail a évalué l'impact de l'usage d'IPP sur le risque de progression de l'atteinte hépatique de quelque 11.500 sujets inclus dans la banque de données ERCHIVES (electronically retrieved cohort of HCV-infected veterans) dont 50% avaient été exposés aux IPP et 50% ne l'avaient pas été.

Les résultats indiquent que l'exposition aux IPP est associée de façon indépendante à un risque accru de développement de cirrhose (HR 1,32 ; IC 95% 1,17-1,49). Cette association persiste lors d'une analyse de sensibilité dans laquelle seuls les patients ayant obtenu une réponse soutenue au traitement antiviral ont été pris en compte ainsi que dans une analyse excluant les patients avec abus d'alcool ou dépendance.

L'exposition aux IPP est également associée de façon indépendante à un surcroît de décompensation hépatique (HR 3,79 ; IC 95% 2,58-5,57) et de carcinome hépatocellulaire (HR 2,01 ; IC 95% 1,50-2,70). Chez les patients présentant une infection chronique par le VHC, l'utilisation croissante d'inhibiteurs de la pompe à protons est associée à un risque de progression de la maladie chronique du foie vers la cirrhose, ainsi qu'à un risque accru de décompensation hépatique et de carcinome hépatocellulaire.

Selon les investigateurs, cela pourrait être en rapport avec une dysrégulation du microbiote intestinal avec augmentation des bactéries pathogènes et des phénomènes de translocation bactérienne entraînant une augmentation de l'inflammation hépatique et de la fibrose.

DK Li et al. Aliment Pharmacol Ther. 2018; 47: 246-58.

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