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Maintenance de la maladie de Crohn par infliximab, on peut se fier à la clinique

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L'association d'infliximab et d'immunomodulateurs a fait ses preuves comme traitement de la maladie de Crohn (MC) et il a été constaté que les résultats étaient d'autant meilleurs que la concentration sérique de ces médicaments restait au-dessus d'un seuil thérapeutique déterminé. Cela justifie-t-il pour autant une surveillance des niveaux sériques ?

Dr Jean-Claude Lemaire - 25 janvier 2018

Pas si sûr si l'on se réfère aux résultats d'une étude prospective européenne multicentrique randomisée, menée en double aveugle à laquelle les principaux centres belges ont participé et qui a testé 3 stratégies chez 122 sujets ayant une MC active (71 femmes, âge médian 29,8 ans) afin de déterminer si un monitorage médicamenteux destiné à maintenir des taux sériques d'infliximab > 3 μg/ ml engendrait des taux plus élevés de rémission clinique et endoscopique qu'une adaptation de dose basée uniquement sur les symptômes cliniques.

Après un traitement d'induction de 14 semaines par infliximab et immunosuppresseur, les patients ont été alloués à l'une des 3 stratégies de maintenance par infliximab:

• augmentation (2 maximum) de la dose par paliers de 2,5 mg/kg sur base des symptômes cliniques, des biomarqueurs et/ou des taux sériques d'infliximab (Groupe 1),

• augmentation de la dose en passant de 5 à 10 mg /kg sur base des mêmes critères (groupe 2),

• augmentation de la dose à 10 mg/kg sur la seule base des symptômes cliniques (groupe contrôle).

Les scores d'activité de la MC, les taux de CRP, de calprotectine fécale et les taux sériques d'infliximab ont été déterminés au départ, à 2, 4, 6, 12 et 14 semaines puis toutes les 4 semaines jusqu'à la semaine 54.

Le critère principal d'évaluation était l'obtention d'une rémission clinique sans corticoïdes (score d'activité <150) des semaines 22 à 54 et sans évidence d'ulcérations à la semaine 54. Ce critère principal a été documenté chez 15 des 45 patients du groupe 1 (33%), chez 10 des 37 patients du groupe 2 (27%) et chez 16 des 40 patients du groupe contrôle (40%), ce qui fait conclure qu'une augmentation de dose d'infliximab basée sur la combinaison des symptômes, des biomarqueurs et des taux sériques n'engendre pas de rémission clinique sans corticoïdes chez une plus grande proportion de patients.

G D'Haens et al. Gastroenterology. 2018 Jan 6. [Epub ahead of print].

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