Changer l'antiagrégant n'est pas recommandé

Les patients avec un syndrome coronaire aigu (SCA), stentés, bénéficient d'une bithérapie à base d'aspirine avec un anti-P2Y12 (prasugrel ou ticagrélor). Faut-il 'shifter' d'antiagrégant chez le patient diabétique ou rester au schéma initial ?
Chez les patients avec un SCA, stentés, le défi est de prévenir les accidents ischémiques tout en ne les exposant pas à un sur-risque d'accidents hémorragiques. Dans l'étude TOPIC, le passage de l'association prasugrel ou ticagrélor + aspirine vers l'association clopidogrel + aspirine, s'est traduit par une réduction de 52% du critère composite (décès, revascularisation en urgence, AVC ou saignements) par rapport au maintien de l'anti-coagulation initiale. Ce bon résultat résulte principalement d'une diminution des saignements.
Qu'en est-il chez le patient diabétique ? Quelle que soit la démarche, le schéma initial maintenu ou le passage au clopidogrel, l'étude1 (187 patients) montre que la différence en termes de survenue d'accidents ischémiques n'est pas significative chez les patients diabétiques, alors qu'elle reste très significative chez les patients non diabétiques, avec en cas de substitution une réduction de 63% du critère composite. Chez le diabétique, la substitution entraîne un risque accru de récidive d'événements ischémiques. Cette attitude n'est dès lors pas à recommander, même si le risque de saignements a lui aussi diminué significativement (p < 0,04).
Réf.
1.Deharo P, et al. JESFC 2018;#067